Lettre à la gamine que j'étais

Publié le 30 Juin 2013

Ma (future) grande,

 

Je sais que l’exercice n’a rien d’original, mais c’est celui qui m’inspire ce soir. J’ai tant de choses à te dire que je ne sais pas par où commencer.

 

J’ai surtout des conseils à te donner pour t’éviter des petits et des gros chagrins et surtout pour que tu deviennes plus tôt la femme apaisée que tu seras en 2013. Oui, il va t’en falloir du temps : tu calcules bien, tu as déjà 35 ans et c’est seulement maintenant que tu te peux te qualifier de la sorte. Merde, comme tu dis ou plus vraisemblablement : "putain, ça va être long !"

 

Si tu veux que ça prenne moins de temps : n’édifie pas une bulle autour de toi. Parce que c’est ce que tu es en train de faire. Certains parlent d’armure, mais avec le temps d’avance que j’ai sur toi, le terme de bulle est plus approprié en ce sens qu’elle est perméable. Tu es en train de construire des parois nébuleuses qui mêlent amour, culpabilité et abnégation. Crois-moi, ça ne t’apportera rien de beau. La culpabilité surtout. Ne mets pas en marche cette terrible machine qui va peser si lourd sur tes épaules. Ne prends pas tout à ta charge. Tu verras, la vie est plu simple quand on se fout, non pas de tout, mais presque. Garde l’essentiel, essaie de le voir d’abord.

Je ne voudrais pas te paraître cynique mais il y a certains principes que tu dois abandonner tout de suite. Notamment celui dont tu es persuadée qu’il va guider tes pas : l’amour toujours. Continue d’y croire bien sûr, mais ne le fais pas passer devant tout le reste, au prix de ton accomplissement personnel. Dans quelques mois, tu découvriras la philo : sois attentive à Socrate, ça en vaut la peine.

 

Autre chose très importante : prends des décisions. Assume tes choix ! Apprends à les faire. N’attends pas que la vie décide pour toi. C’est nul d’agir comme ça, je te jure. Je pourrais te citer pléthore d’exemples mais je préfère que tu expérimentes les situations avec cette phrase en tête. Bref, sois maîtresse de ta vie.

 

Bon, je sais, je t’ai bien pris la tête (tu dois probablement être dans la phase où tu emploies « ça me prend le chou ») sur des problèmes existentiels qui te paraissent bien éloignés de ton quotidien.

 

Quelques recommandations concrètes alors. Vestimentaires surtout ! N’expérimente pas tout et n’importe quoi : les grandes chaussettes rouges avec une jupe qui virevolte, le rouge à lèvres noir, les jupes avec des docs, les grandes créoles, le broches perroquet, les chemises à grosses fleurs, la teinture blonde, le carré court, les runnings avec un jean… même sur le moment, tu trouveras ça moche et ça te fichera le cafard.

 

Tu dois te dire que tu ne fais rien de bien. Je rectifie immédiatement. Continue de lire comme tu le fais, fais fi de ceux qui te classent dans les intellos ; va plus loin même. Garde ton sens de la provocation : dans tes lectures d’une part, mais aussi dans ton sens de la répartie par exemple.

 

C’est le bordel cette lettre je sais, elle part dans tous les sens. Alors, si tu ne devais retenir qu’une phrase, ce serait celle-ci : "Fais-toi confiance". Et maintenant ! Parce que tu vas passer trop d’années à te dire que tu ne vaux pas grand-chose, à chercher dans l’autre, dans son regard, ce qui fait ta valeur. Crois-moi : tu en as. Ne bride pas ta spontanéité, elle te sera précieuse. Reste entière ! Conserve ta sensibilité, mais fais-en une force. Elle ne doit pas te fragiliser. Bref, écoute-toi. Mais écoute-toi vraiment ! Tu n’auras pas de regrets !

 

 

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Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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