Sophie Marceau... et nous

Publié le 25 Juin 2013

Je suis persuadée que, sans le savoir, Sophie Marceau, a mis toute une génération de femmes dans la merde. Bon, ok, au moins moi, mais je vais toute de même employer le "nous" communautaire. Celle que l’on a surnommée la "petite fiancée des français", la "girl next door" et avec qui 17 % des hommes mariés tromperaient leur femme, est presque un mythe fondateur. J’exagère à peine. Et cela s’applique tant à sa filmographie, qu’à sa vie privée (merci à Google qui m’a tout appris en 5 minutes).

 

Evidemment tout commence avec La Boum 1 et 2. A la sortie du 2e opus, je ne suis pas encore dans la cible : je me fais Rox et Rouky dans mon ciné de campagne, c’est dire. Pourtant, dix ans après : on se reconnaît dans le film. On a le droit de le regarder sur TF1 le dimanche soir. Victoire, c’est nous !

Et c’est là que la galère commence : on rêve tous d’un pianiste qui ne jouerait que pour nous ; on fantasme sur des apparts parisiens de dingue. Naïves que nous sommes, on ignore encore que la réalité est toute autre.

Et on grandit…

 

Même si ses films sont désynchronisés avec notre vie : ils nous rattrapent à un moment ou un autre (oui, oui, vous ne rêvez pas, je me livre presque à une analyse sociologique).

Bientôt elle est L’étudiante. On est prête à passer l’agreg’, on rêve d’une soutenance empreinte de lyrisme (celle du mémoire de maîtrise serait d’une nature bien différente). Les profs de français malins auront mis Le Misanthrope et On ne badine pas avec l’amour au programme. Elle aura peut-être même suscité des vocations, allez savoir ! Mais avec Valentine, on commence à croire à l’amour triomphant. Celui qui vainc les différences culturelles et sociales, l’éloignement géographique, l’infidélité passagère (subtilement, Sophie pose certains jalons). Vincent Lindon devient le prince charmant des temps modernes (évidemment, c’était avant Richard Gere et sa limousine) : l’artiste modeste qui offre des fleurs, nous fait rire et est amoureux en vrai.

 

Sans le savoir, la marceauite nous a atteints. Si, pour cette fille qui nous ressemble, c’est possible, alors pas de raison que cela ne le soit pas pour nous.

 

Malgré le décalage entre ses films et notre vie (enfin la mienne), Fanfan devient un modèle : elle nous révèle la vérité. C’est en ne vivant pas sous le même toit que le couple perdure. On envie sa fantaisie, son métier original, son appart (encore) de rêve avec son miroir, ses goûts jazzy et son chapeau.

Et surtout, surtout, l’amour triomphe toujours. On ne veut plus de Charles Perrault, on veut du Sophie Marceau.

 

Elle continue sur sa lancée, nous précède souvent. Il y aura LOL : elle y joue une mère déboussolée et puis Un bonheur n’arrive jamais seul sur la famille recomposée qui finit par ressembler à la famille Ricorée !

 

Quant à sa vie privée que j’ai parcourue en diagonale, c’est le même délire. Elle parvient à surmonter toutes les épreuves auxquelles chacune d’entre nous sera probablement confrontée. Certes, elle ne nie pas certaines difficultés, mais en filigrane, on nous suggère, si elle y arrive, pourquoi pas nous ?

 

Putain Sophie (excusez-moi, je m’emporte), tu déconnes ou quoi ? C’est quoi ces choix de films que tu as faits ? A croire que tu l’as fait exprès : comme si tu avais voulu nous montrer la voie. Et nous, parfois en mal de repères, on s’est engouffré dans la brèche. On y a cru de toutes nos forces ; tu paraissais si proches avec des fringues bizarres, ta frange, tes complexes. Ta vie cinématographique (je concède que j’ai procédé ici à un choix quelque peu arbitraire), ce serait la nôtre forcément ! On n’était pas conne au point de croire à l’utopie de Cendrillon et toute sa clique, mais en toi, oui !

 

Mauvaise nouvelle pour les incurables naïves : ça ne se passe pas comme ça dans la vraie vie. Désolée d’être la briseuse de vos illusions !

Mais ça, c’était pour vous secouer un peu ! Parce qu’après tout, un peu de féérie et de tête dans le nuage, ça fait du bien !

 

Pour votre information et pour mener à bien cette étude socio, sachez que son prochain film traite de deux addicts du sexe qui travaillent ensemble dans un cabinet de conseiller conjugal. Ça tombe à pic !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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