Une (presque) pause avant la rentrée

Publié le 28 Août 2014

Avant que ne sonne le glas de la trêve estivale, il reste quelques précieuses heures dont je me dois de profiter. L’appartement est vide et sobre tandis que les moufs redécouvrent l’Atlantique. Cette ultime période de calme ne ressemble en rien à celle des années précédentes. Pour la première fois, je ne suis pas dans la course frénétique à la vie sociale. Je ne me jette pas à corps perdu dans les after-work, les mojitos ou les restos. Il est temps d’arrêter de fuir et d’apprécier la sereine solitude d’une soirée d’un mois d’août agonisant.

Tout comme moi, Paris n’a pas encore recouvré sa frénétique agitation. Il est encore possible de traverser la ville en voiture lorsque le jour se lève et de se laisser aller à une douce torpeur quelques jours encore.

Le "n’importe quoi" revêt d’autres formes. Il est un samedi entier que l’on passe au lit, l’ordinateur posé sur les genoux à visionner la première saison de la série Girls et à ingurgiter des polars, de la littérature de vacances, tandis qu’un mug de café refroidit sur la table de chevet. Il est un dimanche midi où l’envie subite de traverser la capitale pour aller dans les beaux quartiers est la plus forte et on se retrouve alors au Palais Galliera à effleurer discrètement une robe Dior en velours de soie des années 50. Il est un mardi matin où on part au bureau non maquillée, un jean enfilé à la va-vite avec le tee-shirt de la nuit pour se faire une demi-heure (quasi) intensive de vélo elliptique. Et tant pis, si la salle au sport du niveau -4 est quelque peu sinistre. Il est un jeudi à 17h30 où l’on se décide à éteindre l’ordinateur à 17h30 en pleine rédaction d’un article alors qu’il n’y a pas de contraintes et que personne ne vous attend, n’a besoin de vous. Simplement parce que l’envie est si intense ; que le caprice prend ses droits. Alors, on y cède.

L’intellect et l’affect seraient presque en hibernation. Je suis à deux doigts de faire de la procrastination cérébrale une philosophie de vie.

Il m’aurait suffi d’un je ne sais quoi pour ne plus penser : la confiance, l’abandon, la carrière, l’engagement, la loyauté, la colère, la douceur, la jalousie, la malhonnêteté, l'enfant, la tristesse, l’attention, l’ivresse, l’addiction, l’amour, la simplicité, la sérénité, l’électricité, l’attachement, la déception, la douleur, l’orgasme, le chagrin, le bonheur, la vie…

J’y étais presque putain ! J’y étais presque.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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