Sortie : Motherfucker de Florence Foresti
Publié le 7 Octobre 2009
Deux ans
après la naissance de sa fille (Toni pour les people addicts), Florence Foresti revient avec un nouveau one-woman-show sobrement intitulé Motherfucker : titre qu’il est
bien inutile de traduire, vous en conviendrez.
Après avoir scruté avec insolence les relations hommes-femmes, elle s’attaque avec une rare acuité au mythe sacré de la maternité. Car c’est bien de mythologie hiératique dont il s’agit. La grossesse, l’accouchement, la parentalité et tout ce qui en découle sont plus que tabous, ils sont vénérables. Alors forcément, lorsque Forest – un des surnoms qu’elle se donne – aborde tous ces thèmes avec sa gouaille familière, on jubile.
Désormais, vous ne regarderez plus et vous n’écouterez plus les mamans (ou celles en devenir) de la même manière : il y aura toujours ce rictus au coin de votre bouche car Florence Foresti ne nous épargne rien et ne manque pas d’épingler toutes nos petites hypocrisies.
A celles qui fanfaronnent en racontant à qui veut l’entendre que le jour de l’accouchement fut le plus heureux de leur
vie, elle rétorque qu’elle respecte, tout en se demandant à quoi peuvent ressembler les autres. Elles passent au crible nos moments de béatitude lorsque nos mouflets font du toboggan au parc et
surtout, elle déculpabilise tout celles qui s’ennuient dans ces moments-là : qui ne s’est jamais fait royalement chié au square à tenir la conversation avec d’autres compagnes
d’infortune ? Que parent n’a pas vécu de grand moment de solitude en chantant une comptine absurde ou en imitant un animal de ferme ?
Faisant fi de tous les clichés véhiculés par une société qui érige la maternité en triomphe,
Motherfucker est du Foresti de haut vol : autodérision, références contemporaines (pas sûr que tous les publics s’y retrouvent), réflexion cinglante et observation
impitoyable. En 1h15 de spectacle bien rôdé et parfaitement calibré (un peu trop peut-être car on sent bien que l’improvisation n’y a pas sa place), Florence Foresti vous assure une soirée
jouissive.
Elle peut donc être rassurée sur un point. Contrairement à ce qu'elle confiait à Psychologies Magazine au mois de septembre, la maternité ne lui a pas fait perdre son humour. Au contraire, elle
le lui a enrichi.
Pour en savoir plus
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