Les forums du vide
Publié le 6 Octobre 2009
Enfant de 3 ans ne mange pas de morceaux ; pare brise
de voiture fait bruit de rossignol ; internet explorer trop lent ; coiffure pour cheveux fins sur Paris ; quel dessert après des lasagnes ; cadeaux pour enfant de 10
ans ; symptômes autisme… Enoncées de la sorte, ces bouts de phrases ne vous évoquent rien. J’aurais pu continuer ainsi sur des lignes et des lignes : ce sont là quelques unes des
questions que j’ai googlées (entendez par là saisies sur Google). Que celui ou celle qui n’est jamais allé chercher sur le Net une réponse à une question plus ou moins incongrue me jette la
première souris (ah ah blague du billet !!). L’avantage d’un moteur puissant, c’est que quelle que soit l’interrogation du moment, vous pouvez être sûr qu’il vous ramènera quelque chose.
Mais c’est précisément là que le bât blesse.
Premièrement, vous vous retrouvez face à une pléthore de pages (si je reprends ma première question, 316 000 pages sont ressorties en 0,35 secondes – ce qui
d’une certaine manière est rassurant puisque cela prouve que je ne suis pas la seule à être confrontée à une situation donnée). Deuxièmement et logiquement ce sont surtout des forums qui
remontent. Aïe ! Si vous avez le malheur de vous embarquer dans une de ces galères, vous pouvez sombrer pendant des heures. Les réponses sont multiples, contradictoires, vous renvoient vers
d’autres pages, d’autres forums, soulèvent des lièvres auxquels vous n’aviez pas (encore) songé. La légitimité des réponses est un vain concept, l’identification des interlocuteurs un
mythe.
Résultat des courses : après une heure de surf
intensif, vous ressemblez à un lapin atteint de myxomatose (vous avez les yeux rouges quoi) et vous êtes déprimé au plus haut point. Déprimé parce que vous n’avez pas la réponse à votre
éventuelle angoisse, déprimé par la vacuité de la majorité de forums sur Internet. En un mot : DÉPRIMÉ.
Aujourd’hui d’humeur philosophique, je m’interroge sur la signification de cette omnipotence des forums internet. Manque de confiance en soi, perte d’instinct,
manque de référent « physique », incapacité à communiquer les uns avec les autres, égocentrisme. Rien de très réjouissant en somme. Faites-en l’expérience vous-même : si vous
consultez un forum de type « au secours j’ai besoin d’un conseil, je n’y arrive pas, j’ai tel problème », vous constaterez finalement que les messages suivants sont plus du style
« moi aussi je vis la même chose que toi mais en pire ». La culture du pire, c’est parfois ce à quoi se résument les forums Internet.
Vous me trouvez catégorique ? Bon alors d’abord sachez que c’est un peu (doux euphémisme…) ma nature (râleuse, impulsive… tout ça c’est moi) et puis surtout je fais surtout ici allusion aux forums publiques, participatifs et non pas aux forums privés réservés à des initiés.
Ceci étant dit et malgré ma grande capacité d’analyse, je suis persuadée que lors de ma prochaine question existentielle, c’es tout naturellement vers mon précieux ami, Mister G que je me tournerais.
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