Un si bel été

Publié le 28 Août 2013

28 août : ça sent la fin d’une jolie parenthèse. Les fenêtres ne sont plus grandes ouvertes dans l’appartement, on supporte le pantalon, on emmène les mouflets se faire couper les tifs, on se maudit de ne pas avoir anticipé l’achat des fournitures scolaires, on remise les vernis pailletés au fond du tiroir… La mélancolie pourrait être au rendez-vous. J’ai bien écrit « pourrait » car j’en suis à mille lieues. Il me suffit de regarder quelques semaines en arrière pour basculer dans une douce sérénité empreinte de petits moments de bonheur.

Mi-juin, la perspective de la trêve estivale me paraissait insurmontable. Ceux qui m’ont lue et ceux qui me connaissent savent pourquoi. Un cœur en miettes (il va beaucoup mieux d’ailleurs : un vrai phénix !), des heures d’introspection, des litres de larmes, une solitude vertigineuse… Et n’allez pas croire que l’idée de sonder mon âme sous le soleil me semblait réconfortante. Et puis… Les belles surprises, les imprévues, les rencontres. J’ai réfléchi (brièvement car pas trop de temps à perdre) : cet été 2013 est l’un des plus enchanteurs qu’il m’ait été donné de connaître depuis une dizaine d’années. Et n’allez pas voir ici ma propension à l’exagération. C’est la réalité.

Pourtant, je fais l’impasse sur les moments douloureux pour mon cœur (encore lui), ma dignité. Je ne suis jamais entrée dans le détail sur ce blog et ce n’est pas aujourd’hui que je commencerai. Je garde pour moi l’ascenseur émotionnel, l’espace ici n’y suffirait pas.

Revenons à l’essentiel : 2013, un si bel été qui m’a permis, comme on me l’avait tant conseillé, de penser davantage à moi. Moi, justement, si prompte à bavarder, à intellectualiser, j’ai profité et contemplé. Au point que, plus que d’habitude, je n’ai pas envie de chercher le mot d’esprit ou la tournure parfaite. Tout est un joyeux fouillis dans ma tête et je vais vous en livrer quelques mots clés qui symboliseraient ces deux mois, sans chronologie aucune.

 

  • S’émerveiller de voir les enfants grandir : leurs premiers coups de cœur, leur autonomie croissante, leurs exploits sportifs, leur sens de la coquetterie, leur goût pour la fête, leur sens du rythme, leur capacité à ouvrir leur cœur, leurs câlins impromptus, leurs compliments perpétuels, leur douceur, leur capacité à pardonner…

  • Savourer un environnement privilégié : bouquiner dans un grand lit, boire son café sur le balcon, ouvrir les yeux face au mont Olympe, avoir le souffle coupé face à la beauté de Rhodes, profiter de piscines à débordement, nager dans une mer chaude, prendre l’apéro en regardant un champ d’oliviers, dîner à la lumière d’une lune rousse, papoter au bord de la Seine, boire une coupe de Champagne sur une pelouse parisienne, improviser un barbecue dans sa ville…

 

  • Eduquer ses papilles : se délecter d’un Ruinart, purger son organisme avec une salade de tomates non assaisonnées, acheter du tzatziki par kilos, boire du rosé en cubi, maudire le Nescafé, multiplier les restos, cuisiner, picorer des bretzels, prolonger les apéros, kiffer les hamburgers de L*, se régaler d’un carpaccio, boire un jus d’oranges fraîchement pressées dans les ruelles de Lindos…

 

  • Et surtout, surtout, se laisser vivre et s’amuser : railler une certaine forme de dyslexie de sa copine, sourire aux compliments hasardeux de la gent masculine, prendre un bain de minuit (puis un deuxième, un troisième…), oser les jeux de mots bidons, inciter fortement la marmaille à faire la sieste pendant deux heures, bouquiner sur un transat, comater sur la terrasse, tenter de monter avec grâce sur un matelas gonflable (en vain), danser au bord de l’eau, multiplier les fous rires, se moquer (gentiment) des enfants, ne jamais se lever avant 9h00 du mat’…

 

J’en oublie sûrement. Mais tous ces instants heureux m’ont permis d’oublier et c’est en pleine confiance que j’aborde septembre. Et, comme on ne change pas les rayures du zèbre, j’en profite pour glisser un modeste merci.

 

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Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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