Ma journée en escarpins

Publié le 5 Octobre 2013

Sur ma "to do list" des choses à faire avant l’âge canonique de 40 ans (pardon pour les quadras de mes amies), il y en a une que j’ai biffée le vendredi 4 octobre 2013 : passer une journée entière en escarpins. Avant de vous narrer comment on en arrive à attendre 35 piges pour accomplir cet exploit, je vais vous livrer la conclusion qui s’est imposée à moi à la fin ce jour : j’envisage sérieusement de me faire amputer les deux petits orteils. Nonobstant le fait qu’ils sont chiants à vernir (les miens en tout cas) et qu’ils n’ont pas de nom, il est évident que je serais plus confortable dans les dits-escarpins. Oui, je l’avoue sans honte aucune, j’ai le pied large (et le dos aussi, mais ça, c’est une autre histoire). Evidemment, dans l’escarpin qui sublime la finesse du pied, le pied palmé n’est pas chose aisée à caser.

Mais revenons à ce qui doit vous préoccuper présentement. Je vais répondre à la question qui vous brûle les lèvres : pourquoi a-t-elle attendu si longtemps avant de chausser ce type de soulier ? Retour en arrière (pas trop lointain, rassurez-vous !).

Ce n’est qu’en 2010 que la robe/jupe fait une entrée remarquée dans mon dressing. Jusqu’alors, je n’en portais pas. Je laisse aux psys d’entre vous le soin d’analyser ce phénomène. C’est donc à 32 ans et deux enfants que je me fais femme. Mais, lorsque la saison s’y prête (c’est-à-dire 10 mois dans l’année à Paris), c’est chaussée de bottes que je porte la personnification de la féminité. Encore que les bottes et moi, c’est toute une histoire !

Sauf qu’il y a deux semaines, une amie très chère (appelons-la la chatte bottée) m’offre une sublime robe vintage des années 50. Et férue de chaussures comme elle l’est, elle passe en revue ma modeste collection. Aucune des paires ne trouve grâce. Son verdict est sans appel : il me faut une paire d’escarpins. Elle me suggère des modèles, m’envoie des liens, elle, la grande prêtresse de la pompe. Elle me convainc et je pars en quête de la pantoufle de vair.

Faubourg Saint-Antoine : j’en suis au quatrième modèle. Je passe rapidement sur les petites humiliations, lorsque le pied ne loge pas dans la chaussure repérée. Je me sens telle Javotte ou Anastasie, à m’escrimer sur un brodequin qui n’a rien demandé.

Et bien que profane en la matière, j’ai une exigence : je refuse que l’on aperçoive le haut de mes orteils. La chatte bottée mentionne alors que l’on appelle ça le décolleté. Mon choix se porte finalement sur un modèle intemporel, mais joli et de 7 centimètres de talon. Une honnête entrée en matière.

Les chaussures semblent faire l’unanimité auprès des cop’s et des minots aussi, qui s’extasient. Le lendemain de l’achat, je m’apprête à les chausser, mais l’été indien s’installe et les nu-pieds jouent leur chant du cygne.

Le vendredi 4 octobre est la date parfaite. Non qu’une conjonction astrale me le signifie, mais je prends la voiture pour me rendre au bureau (donc moins de marche, donc moins de souffrance).C’est finalement avec un pantalon que je les étrenne la première fois : quelle ironie ! Le résultat est idéal. Mon pied paraît presque fin, un comble. En conduisant, je gère sans problème : Deux heures plus tard, je suis déjà moins à la fête. La séance shopping du midi aura raison de moi. J’ai mal aux pieds. Je touche du bout de l’orteil le calvaire des chinoises aux pieds bandés. Au point que j’annonce en réunion que je vais devoir me déchausser ! Mélange de profonde solitude et d’angoisse : certes la semelle intérieure est en cuir, mais…

Je tiens le coup pendant onze heures et 38 minutes. Pour le resto du soir, j’opte pour la paire de rechange (merci Joe Dassin… Je me comprends !). Mais j’ai surmonté l’épreuve. La démarche était même chaloupée et élégante… parfois.

 

Prochain objectif : me percher sur 10 centimètres minimum. Il faut dire qu’1,94 mètre, ça se mérite !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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Bottes Fly London 10/01/2014 10:34

Je connais ça :-) moi aussi je suis une grande amatrice de bottes.
Au plaisir de lire un prochain texte.
Marie

Mademoisellec 08/10/2013 23:32

Je crois que je connait cette fameuse chatte bottée et si elle arrive un jour à me faire mettre les pied dans l'une de ces boîtes à torture penchées qui font la cheville fine et le mollet rebondit, je lui décernerai le prix de l'initiation à la torture chinoise. Sacrée A !