Le puits

Publié le 10 Août 2013

Si tu ne tiens même pas les promesses que tu te fais à toi-même, alors que reste-t-il ? Si tu ne parviens pas à résister à l’appel de l’abîme, c’est que tu n’as pas appris la leçon nietzschéenne et que désormais, l’abysse voit en toi. Alors vas-y, retourne au fond du puits, mais ne t’avise pas de le creuser davantage. Et efforce-toi de ne pas y rester trop longtemps. Et tant pis si, pour l’instant, tu le considères comme ton unique refuge.

Essaie néanmoins de garder en mémoire que les perdants apprennent plus que les vainqueurs : ils sauront remettre en question ce à quoi ils ont cru et auront une chance de toucher du doigt l’essentiel de la plus éprouvante des manières.

Mais surtout ne sois pas radicale et trop dure avec toi. Ce serait si facile et désenchanté. Lorsque tu commenceras à escalader les parois – car cela viendra – et que cela te paraîtra insurmontable au point de vouloir te délester de toutes tes valeurs, obstine-toi ! Ne renonce pas ! Oui, tu auras remis en question ta foi en l’amour triomphant et sacré, mais cela ne signifie pas que tu dois la désavouer. Tu devras simplement l’apprivoiser et ne pas la laisser t’envahir car elle fait pleinement partie de toi. Et tant pis, si tu as l’impression que tu en as chèrement payé le prix. T’en dépouiller reviendrait à nier ce que tu es. Fais fi de ceux qui te mépriseront ou piétineront ta croyance : elle est en toi.

En attendant, fais ce que tu as à faire. Prends ton chagrin comme il vient : n’aie pas peur de céder face à lui… encore. Provoque-le presque, en caressant l’espoir que cela le décourage. Tu n’as pas besoin d’endosser l’armure du petit soldat ; tu n’en es pas un et ce n’est pas grave !

Je te souhaite bon courage dans ce moment douloureux. Il le sera peut-être plus que la première fois car tu sais ce qui t’attend. Tu ne dois simplement pas le laisser te terrasser.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Blues

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