De l'art culinaire à Picard

Publié le 14 Septembre 2013

Avant, je cuisinais… Mais ça c’était avant ! J’étais même Cooking addict. J’étais abonnée à tout un tas de newsletters culinaires. Je préparais un plat chaque jour ou presque. J’avais une quinzaine d’épices dans mon placard. Je possédais trois tabliers. J’inventais des recettes que je publiais sur Marmiton. J’accordais mets et vin. J’innovais. Le wok électrique était prêt à l’emploi. Je rêvais que l’on m’offre un Kenwood, la Rolls des robots. Et je crois que je me débrouillais plutôt pas mal. Crème brûlée, nasi goreng, mijotée, tartelettes, macarons… Sans prétention aucune, les papilles de mes invités étaient souvent en émoi et une invitation à notre table était souvent le gage d’un dîner de qualité (Hé ouais, je suis comme ça : parfois, je me jette des fleurs !).

Mais, si la dégustation était un plaisir, l’acte de préparation était en lui-même une satisfaction. En solo, il me détendait, m’occupait l’esprit. A deux, il était l’occasion de discuter, de rire, de goûter, de tester un nouveau vin (vous voyez les séries américaines où les amoureux cuisinent en se délectant d’un verre de rouge, c’était un concept que nous avions adopté). Et même, lorsqu’aucun convive ne partageait notre table, se régaler à deux était une jolie récompense.

Et puis… Et puis, c’est parti. Du jour au lendemain ou presque, plus rien. Les repas se résumaient à des livraisons de sushis, des bols de céréales ou des Mikados. Un régime radical pour perdre les kilos accumulés, il est vrai. L’envie et le délice étaient partis. Je ne cuisinais plus ; je faisais à manger. Rien à voir avec l’agrandissement de la famille, non ! Le cœur n’y était plus. Car finalement, la cuisine est affaire d’âme. Il existe un proverbe français selon lequel le flambeau de l’amour s’allume à la cuisine. Et si le flambeau s’éteint ?

Ainsi, j’ai arrêté de cuisiner : pour nous d’abord. Et lorsque le nouveau rythme à trois s’est installé, il n’en était plus question : il s’agissait de nourrir les minots. Pas la place pour la fantaisie. Pas la place… et pas le temps il est vrai. Et puis, pour la marmaille, ça perdait un peu de son sens. Quant à ma vie affective, la gastronomie n’y a jamais trouvé sa place. Dont acte, je ne m’étendrais pas sur le sujet ici, même s’il vaudrait le coup d’être exploré.

Heureusement… Picard est là (un lointain cousin d’Ikéa sans doute). Picard, peut-être pas le meilleur, mais un ami en tout cas. Une valeur sûre sur laquelle on peut compter. Avec lui, le surgelé est devenu trendy. Quand j’étais môme, le secteur se limitait à Thiriet et Maximo (pour les dissidents de mon village). Ma mère choisissait sur polycopiés et le camion débarquait. Rien d’extraordinaire : poissons panés, quelques légumes, des fusées…

Mais ça… C’était avant l’avènement de l’ère Picard. Mon pote, mon sauveur. Celui qui illumine mes soirées. C’est un peu le Ferrero de mes dîners. Avec lui, la notion même de dîner a disparu. Chez moi, tout n’est désormais qu’apéro dînatoire. Mais attention hein, on ne meurt pas de faim pour autant !

Fini la sempiternelle trilogie entrée/plat/dessert ; grâce à lui, le picorage est la norme. La gamme "apéritif" est si fournie qu’il devient impératif de tout goûter (je précise ici que ce billet n’est pas sponsorisé !). Je suis ainsi passée de cooking addict à Picard addict. Nous sommes plusieurs à faire partie du club. Etre la première à proposer THE nouveauté lors d’une soirée est devenu un challenge. Sachez-le, il y a une saisonnalité chez Picard : chaque équinoxe est comme une fashion week. C’est à celui ou celle qui posera sur sa table basse le hit dish de la saison. Avec lui, les soirées entre amis sont faciles, tout le monde y trouve son compte, ça claque. La seule prise de tête réside dans le choix du Champagne : une équation qui trouve sa résolution dans le nombre d’invités : Ruinart ou Pommery ou Mumm ? Et aussi dans la fournée (comprenez dans le sens "mise au four" des produits, en fonction des différentes températures ou durées de cuisson). Rien de grave finalement. Picard offre l’avantage de profiter pleinement de ceux qui se sont réunis sous notre toit.

Toutefois, le plaisir de cuisine, c’est un peu comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas… et ça revient vite. Et lorsque les circonstances s’y prêtent, lorsque l’âme est à nouveau apaisée, rien de plus facile que d’y retourner. Pour les mômes ou pour les amis comme aujourd’hui.

Rédigé par Jenny Grumpy

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