Conte de fées vs réalité

Publié le 24 Mai 2013

Ainsi donc les contes de fées ne seraient pas transposables à la réalité. Merde alors ! On nous a donc menti (par "nous", entendez les filles hein !) depuis notre plus tendre enfance. Le délire du prince charmant, de l’amour éternel ne serait que foutaises. Re-merde ! Et Aragon aurait raison : « Il n’y a pas d’amour heureux ».

 

Je me dois d’affiner ma pensée et m’éloigner de la sensation pure. Il ne faut pas laisser parler l’amertume et l’affliction. Parce que ce sont les femmes déçues qui font cette réflexion et se donnent pour mission de la partager à l’ensemble de la communauté, comme si elles étaient les seules à avoir eu cette révélation, des élues en quelque sorte. Et il n’y a pas d’âge pour que cela arrive. Mais si l’on observe le phénomène de près, on ne peut qu’être frappé par l’aveuglement dont nous pouvons parfois faire preuve (non, ceci n’est pas un blog féministe !). On se réveille un matin avec une gueule de bois monstrueuse et un cœur en miettes, frappée de stupeur et spontanément on rejette en bloc le rêve, le conte, voire l’amour.

 

A bien y réfléchir (et croyez bien que je consacre un peu de temps au sujet), c’est une erreur. C’est un peu comme si je prenais le problème à l’envers. Le postulat de départ est erroné : on ne m’a jamais dit que les contes de fées étaient transposables, j’ai simplement voulu y croire dur comme fer. Parce que c’est plus beau, plus facile, plus vivable. Parce qu’après les princesses, j’ai cru en Sophie Marceau et en Julia Roberts (ouais bon, ça va !).

Parce que de toute mes forces, j’ai voulu que ce soit vrai. Parce que c’est ce qui faisait sens. Sans ça, à quoi bon ? Sans amour avec un grand A, pourquoi ? Oui je sais : pour soi.

Ceux qui sont à des années lumières de cette conception m’auront taxée d’idéaliste (au sens péjoratif du terme) ; reproché de ne pas avoir les pieds sur terre mais le cœur dans les étoiles. J’ai entendu du immature aussi, ou du romanesque. Je modère mon côté idéaliste : je n’ai pas de problème avec la réalité de l’état amoureux. Le quotidien ne me fait pas peur, ne m’angoisse pas. Je n’ai jamais voulu des roses chaque matin, des poèmes avant de m’endormir. La preuve d’amour ne passe pas par le matériel. Je crois néanmoins qu’elle peut être quotidienne (clin d’œil à Reverdy au passage : « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ») : à chacun d’en trouver la forme.

 

Et aujourd’hui, que reste-t-il de mes idéaux ? J’avance d’un pas et je recule de deux ou l’inverse. J’y crois, je n’y crois plus. Je m’auto persuade – ou d’autres le font à ma place – que ce n’est pas le bon chemin car au bout, il n’y aura que la déception. Qu’il me faut renoncer et grandir un peu. Ce n’est pas le bon jour : mon corps, mon âme s’y opposent farouchement.

 

Je sais que c’est une thématique récurrente dans mes écrits et que je peux donner l’impression d’être schizophrène sur le sujet. Première remarque, ce sont les billets qui m’apportent le plus de lecteurs : preuve que je ne suis pas la seule aà chercher des réponses. Deuxièmement, ces atermoiements ne sont qu’une manière de me protéger, parce qu’au fond, je crois que c’est toujours ainsi que je vivrai les choses. Mais ce n’est pas exempt de sérénité et de liberté. Il y faudra simplement une grande confiance… en soi et en l’autre. Et avec un peu de chance, la prochaine fois, ça fera moins mal.

 

Et tant pis s’il faut prendre ce risque :

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur

Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri

Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri

Et pas plus que de toi l'amour de la patrie

Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs

Il n'y a pas d'amour heureux

Mais c'est notre amour à tous les deux

Louis Aragon

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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