Un printemps 2013

Publié le 14 Avril 2013

Brutal. Décidément, le printemps – enfin mon printemps c’est sûr – est placé sous le signe de la brutalité. Férocement, il a débarqué en ce 13 avril, presque sans crier gare. Je dis "presque" parce qu’on a tous été averti qu’il arriverait ce dimanche : IPhone, Météo France… On a tous été prévenus qu’il serait au rendez-vous. Au moins, il a bien choisi son jour. Et putain, qu’il nous a fait du bien !

 

Pour ma part, j’y suis allée prudemment : je suis encore dans mon sombre hiver, mon cœur est pris dans la glace et si les rayons d’Hélios ont réchauffé mes os, ils ne suffisent pas, pas encore.

Pianissimo avec les mouflets d’abord. De toute façon, les fringues de l’été 2012 ne sont plus à leur taille. On ne déballe pas encore les pantacourts et les petites robes, on allège. On supprime les marcels, les manteaux et les collants de laine mais on garde le reste.

Pour la grande, c’est dans le même esprit : on ressort le joli trench dont on n’a pas encore eu le temps de se lasser. On enfile le jean troué dont on pourrait dire qu’il tombe à merveille si la perte de poids était le fruit d’un vrai effort, les Converses qui ne prendront pas l’eau et un petit pull léger. Et surtout, surtout, on (re)chausse les Ray Ban… enfin. L’occasion de se faire la remarque qu’on changerait bien de lunettes de soleil. Non qu’on en ait marre. C’est sûr que ce n’est le soleil qui les a usées, mais bon, c’est le printemps après tout !

 

Et on met sa truffe dehors : balcon, jardin, terrasse pour les plus chanceux. On fait gaffe. On scrute le ciel, on s’interroge. On l’a tellement attendu et puis on plonge dedans.

J’aurais aimé le savourer différemment, c’est vrai, le partager autrement, mais il faut prendre ce qu’il y a. Alors je me laisse aller. Je conduis les fenêtres ouvertes, oui, même avec les mômes à l’arrière (mais dans les bouchons, il n’y a pas de courant d’air, juste de la pollution). Je prends ma première bière en tee-shirt sur le balcon, je blogue les fenêtres ouvertes, guettant presque les bestioles à lumière qui s’incrusteraient dans mon salon.

 

Puis j’ai en tête cette métaphore éculée : le printemps comme symbole du renouveau. Mais j’emmerde la renouveauté (d’ailleurs Word aussi, il souligne le mot parce que le concept n’existe pas). Je n’en veux pas, je veux de la continuité avec du changement oui, mais de la continuité. Je voudrais que ce qui était fondamental dans ma vie ne soit pas définitivement remisé dans cet hiver pourri, que l’essence de la saison passée demeure mais en mieux. Je voudrais que ce printemps n’ait pas un goût amer. On me rétorquera qu’il me reste plusieurs semaines de cette jolie saison. Soit… Il s’avère que la patience n’a jamais été une de mes qualités. Comme pour le reste, je vais devoir l’apprendre. Je m’arqueboute, me contorsionne, résiste, m’épuise… inutilement, je le sais. Le temps (et non pas la météo) m’aidera.

 

Ma part raisonnable (car oui j’en possède une) appréciera davantage les prochaines douceurs. J’en veux pour preuve que les 20 degrés du jour ont dessiné un sourire sur mon visage dont les joues ne se creuseront plus davantage. La môme vautrée dans un fauteuil sur un balcon a illuminé ma journée, la coupe de Champagne rosé sur le même balcon m’a redonné des couleurs, les conversations avec de belles personnes ont déverrouillé mon cerveau, le petit d’homme qui se plaint de devoir remonter ses manches… Je souris. La sérénité fera sûrement son œuvre.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

Repost 0
Commenter cet article