Sortie : Le Roi Lion

Publié le 11 Janvier 2010

Le Roi LionDans la hotte du Père Noël cette année : deux places (carré d’or s’il vous plaît) pour aller voir la comédie musicale Le Roi Lion. Si certains d’entre vous se sont donc sentis lésés cette année lors du déballage des cadeaux, rien d’étonnant, puisqu’à 99 € la place (quand même), ce pauvre papy ne pouvait pas éclater son compte épargne non plus. C’est donc le cœur (et le porte-monnaie) léger que nous sommes sortis samedi : direction Mogador pour grossir les rangs des 800 000 personnes qui ont déjà assisté au spectacle qui entame sa troisième saison parisienne.

 

Si vous n’avez pas d’enfants dans votre entourage ou si vous n’êtes pas particulièrement disneyphile, je vous en rappelle la trame. Futur accédant au trône, Simba, le jeune lionceau (je précise quand même la nature de la bête dans l’éventualité où vous seriez complètement à la ramasse) vit une jeunesse insouciante. Mais dans l’ombre, son oncle Scar fomente un complot et tue son père, le roi Mufassa, pour prendre le pouvoir. Simba fuit et trouve refuge auprès d’une mangouste et d’un phacochère. Il lui faudra du temps pour reprendre confiance en lui et trouver le courage de se battre pour reconquérir son royaume. De ce point de vue, tout est très fidèle au dessin animé, je peux vous l’assurer, il y a un an à la même époque, mon petit d’homme de deux ans et demi se le passait en boucle et me le jouait même dans le salon.

 

Dès les premières notes, un frisson parcourt la salle. L’alchimie se met en place immédiatement. La savane s’éveille lentement sous un soleil orangé ardent : antilopes, éléphants, oiseaux ont rendez-vous pour faire connaissance avec leur futur souverain. Impossible de ne pas être subjugué, les tableaux sont fascinants : costumes flamboyants, lumière, lumière resplendissante, décors épurés et ingénieux. Malgré les polémiques qui ont agité le petit monde du théâtre en 2008, les trois Molières reçus par le show (spectacle musical, lumière et costumes) étaient amplement mérités. Visuellement Le Roi Lion est d’un luxe inouï, riche en émotion et magistrale.

 

Sauf que le spectacle est également sonore c’est surtout là que quelques faiblesses apparaissent. Enfin, il y en a aussi au niveau de la chorégraphie, pas toujours très synchro. Côté performances vocales, c’est parfois un peu juste. A l’exception de Zama Magudulela (Rafiki) à la voix envoûtante, le reste de la distribution est un peu en-dessous de ce que l’on serait en droit d’attendre d’une production d’une telle ampleur. La voix de Mufassa manque de profondeur, celle de Nala est trop faible et celle de Simba… trop fade. Le jeu des comédiens est très moyens (je n’ose tout de même pas écrire le terme "médiocre"), voire parfois caricatural. Le pire est peut-être l’adaptation des dialogues (et donc de certaines paroles de chansons) qui s’est voulue plus contemporaine : franchement, je me serais volontiers passée de Zazu chantant du Patrick Sébastien ou du "j’veux super vite être un roi". La poésie du film en prend un coup : dommage.

 

Je sais que cela fait beaucoup de bémols pour un spectacle aussi retentissant mais que cela ne vous retienne pas d’y aller. Pour profiter pleinement de l’ensorcellement, mettez votre sens critique adulte au fond de votre poche et laissez vous porter : vous en ressortirez frissonnant. 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Sortie

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