Running

Publié le 20 Mars 2011

Ceux qui ne me connaissent que depuis 2 ou 3 ans auraient probablement du mal à le croire, mais dans une autre vie (ou une vie précédente, comme on veut), j’ai été une joggeuse forcenée. J’ai déjà fait allusion à cet épisode de mon existence dans un précédent post, mais les circonstances du jour méritent que j’y revienne plus en détail.

 

Joggeuse forcenée, disais-je. En clair, la joggeuse forcenée court par tous les temps : pluie, neige, vent, froid, verglas, chaleur… rien ne l’arrête. Et si possible à l’heure où blanchit la campagne. Evidemment, selon la saison, l’heure peut varier, mais en ce qui me concerne, c’était 5h30 tous les deux jours pendant trois bons quarts d’heure. Une barge, je vous dis, complètement addict. Rien ne pouvait m’empêcher de chausser mes runnings… Si, si je vous assure. Sachez aussi que la joggeuse forcenée court sans musique pour maintenir un rythme régulier. Last but not least, elle court seule pour ne pas être obligée de faire causette avec un(e) partenaire.

J’en connais qui doivent sérieusement douter de la véracité de ce scoop s’ils jugent mes capacités sportives à l’aune de ma consommation de clopes et d’alcool. Bon, ok, à l’époque, je ne fumais pas… enfin plus.

 

Puis l’arrêt brutal : petit d’homme d’abord, puis le manque d’envie en attendant la mouflette. Et là, j’ai mis la même énergie à procrastiner qu’à jogger. C’est fascinant comme les prétextes pour ne pas reprendre le sport sont faciles à trouver : manque de temps (oh putain qu’elle est bonne cette excuse et surtout imparable lorsqu’on a deux enfants), fatigue, flippe à l’idée de courir sur les quais de Seine aux aurores, pas de tenue adéquate, météo défavorable, tabac…

J’ai bien tenté quelques sessions une ou deux fois, mais rien de concluant. Pourtant, que j’aimais la sensation de fouler le bitume, de n’avoir rien d’autre en tête que le prochain pavé, de sentir mes muscles en pleine action. Mais quand le cœur n’y est plus…

 

Et paf, un samedi après-midi, contrainte et forcée et surtout corrompue : c'est-à-dire avec une récompense dont j’ai pu bénéficier avant (j’adore le concept même si on peut appeler ça un encouragement finalement), j’ai dépoussiéré les runnings, ôté précautionneusement les toiles d’araignée, dégoté un vieux fut’ (pas si pourri que ça) et hop, en avant (j’en connais qui ajoute Guingamp après ces deux mots, je ne suis pas de ceux-là).

Et putain, putain que ça fait du bien ! Les muscles ont une mémoire paraît-il, le corps n’a rien oublié de la cadence qu’il faut avoir, le cœur adapte sa fréquence aisément et n’en déplaise aux mauvaises langues, les poumons sont (presque) aussi performants qu’il y a six ans. Même pas essoufflée !

 

Il va maintenant falloir transformer l’essai : trouver un créneau pour installer la régularité du footing, augmenter la durée de la séance, réduire la clope. Merde, ça ressemble dangereusement à une résolution de nouvelle année, le genre de truc qu’on ne tient jamais… Heureusement, c’est le printemps ! A suivre.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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