Retrouvailles

Publié le 4 Novembre 2010

Dans la série, grande première dans ma nouvelle vie de maman solo (c’est une manière comme une autre d’être plus explicite s’agissant des changements précédemment évoqués), voici l’épisode retrouvailles avec les mouflets. Et putain (par contre, le côté vulgaire n’a pas disparu, presque désolée pour les yeux sensibles !) que c’est bon !! Surtout lorsque le numéro précédent, c'est-à-dire la séparation d’avec les susmentionnés enfants, s’est faite dans la douleur : enfants patraques, Jenny en larmes sur le trottoir tentant vainement de faire bonne figure.

 

Et pourtant, il y a eu dans ces dernières semaines des moments usants : leurs colères, mes doutes, leur tristesse, mes responsabilités, leurs questions, le temps de rien, les réveils douloureux, les premiers maux de saison…

Bien sûr, il y a aussi tous ces instants magiques que j’ai la chance de partager avec eux : les inévitables séquences de danse, l’histoire du soir, les cailloux (symbole de cadeau pour le petit d’homme) que je retrouve par hasard dans mon sac ou dans une veste, les dessins quotidiens, les nouveaux mots de la mouflette, ses talents d’imitatrice lorsqu’elle chope mon pinceau à blush, les câlins sans fin…

 

Dans un schéma familial classique, on se réjouit (sans oser le crier sur les toits, parce que socialement incorrect, encore que ça, je m’en bats les couettes) lorsque les grands-parents se proposent généreusement de les prendre quelques jours pendant les vacances. On a le cœur léger car on sait qu’ils se reposeront mieux au vert que dans le centre de loisirs, qu’ils seront le centre de l’univers de ceux à qui on va les confier ; on sait qu’on pourra avoir des nouvelles très précises tous les jours. On les laisserait presque partir sans insister pour un dernier baiser.

 

Inutile de vous dire (mais je vais le faire quand même : c’est con cette formule) que la nouvelle configuration est synonyme de bouleversements radicaux éprouvants. Aucune idée de la façon dont se déroule leur journée, adieu les infos quotidiennes, pas de mails ou de mms avec des photos… rien ou presque. Comme si les mômes avaient basculé dans une autre galaxie. Je mesure ô combien qu’il me faut assumer les conséquences des mes actes, mais cela n’empêche pas de morfler en silence.

 

Et puis tout doucement, le D-Day approche : impatience et fébrilité s’agitent dans votre petit cerveau en ébullition. Seront-ils contents, déçus, indifférents ? En ce qui me concerne, les retrouvailles se passent en terrain neutre (école et ass’ mat’).

Pour ce soir, j’ai commencé par le petit d’homme parce qu’il était indispensable d’avoir quelques minutes en tête-à-tête avec lui. J’aime déjà cet instant où j’arrive dans la salle et qu’il ne m’a pas encore vue, mais ce soir, tout particulièrement. Je n’ai pas eu besoin de l’appeler : il a tourné la tête et son visage s’est illuminé. Il ne s’agissait pas d’un franc sourire, plutôt un mélange de soulagement, joie, surprise… indéfinissable et inédite. Il s’est levé sans un mot, tranquillement et s’est blotti contre moi en me serrant fort. Et putain que c’était bon (ouais je sais je me répète). Deuxième étape chez l’ass’ mat’ : bis repetita avec la mouflette au niveau du câlin s’entend parce qu’elle est plus démonstrative que son grand frère.

 

Et patatra, d’un coup d’un seul, tout s’envole parce qu’ils sont revenus parce que finalement, au fond de vous se tapit au fond la sournoise angoisse qu’ils auraient pu ne pas être au rendez-vous.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Bébé-Enfant

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