RER mystère

Publié le 10 Mai 2010

Autant certaines choses changent à une vitesse folle, autant il en est d’autres qui semblent immuables, tristement immuables. Je n’ai pas besoin d’aller chercher bien loin pour illustrer mon propos (ce soir, j’ai basculé en mode démonstration philosophique, vous avez intérêt à suivre !) : il me suffit de m’appuyer sur le déroulement de ma journée.

 

Comme vous ne le savez peut-être pas, j’ai repris une activité professionnelle (hum, si vous ne le savez pas, cela signifie que vous ne me lisez pas régulièrement et ça, c’est pas bien). Et à moins d’avoir la chance de bosser à 2 minutes à pied (mettons 20) de chez soi ou de pouvoir y aller en voiture (j’ai connu et ça, c’est top), il n’y a pas 36 alternatives : il faut se coltiner ses semblables dans les transports en commun, en l’occurrence le RER. Ah non, j’oubliais l’option 2 roues ou tricycle (private joke, sorry, des fois ça me fait plaisir et pis c’est pas comme si vous étiez des centaines à me lire non plus !).

 

Le RER (le D en l’occurrence) fait partie de ces choses qui ne bougent pas ou presque. Je n’ai pas du tout l’intention de vous parler des retards à répétition, ni des conditions de voyage (esprit bétail vous voyez), des quais glaciaux ou des trains sans arrêt qui niquent votre brushing (heureusement je ne m’en fais pas) aujourd’hui… Petit bémol toutefois, j’ai écrit "presque" puisque grande nouveauté à Gare de Lyon, il y a désormais des tasseurs sur le quai.

Les tasseurs sont une nouvelle catégorie d’emploi qui jouent au Tétris avec vous de façon à ce que vous puissiez vous casez dans la rame et qui vous empêchent de monter lorsque ça sonne. Je n’ose m’engager dans une réflexion anthropologique  sur ce que cela signifie sur l’évolution de notre société. J’imagine qu’avec le temps, on n’y fait plus très attention et c’est bien dommage. J’en veux pour preuve celui qui semble être affecté à mon wagon du soir (bah oui comme tout voyageur qui se respecte, j’essaye de monter à l’endroit le plus stratégique pour ma descente, donc toujours le même) : un jeune homme fort sympathique (mais dont la constitution me laisse perplexe quant à sa capacité à empêcher les hystériques de se faufiler…) et qui me voyant lire tranquillement en attendant un hypothétique train m’a donné un flyer pour une pièce de Tchekhov dans laquelle il joue.

 

Mais j’en reviens à ce qui m’a toujours plongée dans un état profondément dubitatif (ou méditatif c’est selon) : le concept du train supprimé. Je contextualise.

Vous attendez donc votre train Zuco ou Fuca ou Suca ou Rovo (mais putain où vont-ils chercher ces noms ?) et le vôtre est annoncé sur les écrans. Et d’un coup d’un seul, votre pire cauchemar se réalise : en lieu et place de l’heure ou de la phrase bénite "train à l’approche" apparaît le terrifiant "train supprimé". Et là, je me suis toujours demandé où disparaissait ce train. Il est parti de quelque part, avec des gens dedans et paf, il est supprimé. Mais comment ça il est supprimé ? Il disparaît dans une autre dimension ou quoi ? Les voyageurs se désintègrent dans un espace temps parallèle ? Et bah moi, ça me fait peur. Notez que je ne me suis jamais trouvée dans un de ces trains supprimés : ça fout la trouille mais ça attise tout de même ma curiosité…

 

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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so 11/05/2010 09:11


Ben voilà, t'as trouvé le synopsis de la prochaine saison de Lost... Sinon, les tasseurs, ils ont des lassos et des stetsons ?


Jenny Grumpy 11/05/2010 18:09



Bah je pense que leur équipement est fonction de leur ancienneté : je  vais investiguer !!