Pour ou contre l'hiver

Publié le 8 Février 2012

Ma perception de l’hiver est un peu le marronnier de ce blog : il revient régulièrement et je vous le donne en mille, entre décembre et février. Or, et c’est là tout l’intérêt d’avoir fréquenté une école de journalisme pendant 6 mois, l’angle est différent. La cuvée 2012 est un "pour ou contre l’hiver", un peu comme lorsque la rédaction de Télérama s’oppose sur un film.

J’ai brièvement hésité sur la structure de ce billet (car oui, ces billets sont structurés) : pour ou contre en premier. Finalement, histoire de terminer sur une note positive (et surtout de vous inciter fortement à aller jusqu’au bout), le contre fera l’ouverture.

 

CONTRE L’HIVER

 

Esthétiquement, l’hiver c’est à chier.

On a beau s’évertuer à être sexy à tout prix, vient le moment où l’hiver (comprenez l’hiver que nous vivons actuellement avec ses -8°C depuis une semaine) a raison de toute trace d’orgueil féminin.

Les cheveux sont électriques (avec ou sans sèche-cheveux). Pour les veinardes à qui le bonnet sied à merveille (dont, en toute modestie, je suis), le prix à payer est le moment où l’on ôte le bonnet : cheveux plaqués, front gigantesque…

Sauf à s’envoler vers l’Ile Maurice en plein mois de janvier et sans les mouflets (spéciale dédicace : elle se reconnaîtra) : le teint est blafard (comprenez on est pâle comme des culs). Certes, le fond de teint et le blush peuvent nous sauver… pendant deux heures. Après la peau tiraille, elle est sèche… tout se barre en couilles sucette.

D’ailleurs, la peau a perdu de son élasticité (on a même oublié qu’elle pouvait en avoir) : elle est en mode croco.

Là, j’ai évoqué le physiologique : il y a de l’injustice, on n’est pas tous égaux.

Et il y a ce qui n’est pas métabolique : je ne reviendrai pas sur les fringues. Les lecteurs assidus (si si, j’en ai !) connaissent mon point de vue. Mais, cette année, j’ai un éclairage nouveau à apporter : le mode oignon.

L’hiver 2012 sera celui qui m’aura vu enfiler trois épaisseurs sur mes pattes. Moralement, c’est hard : on se sent épaisse (normal on l’est). En pratique, c’est l’enfer (notamment pour aller pisser mais aussi parce que ça gratouille tout ça !!).

 

Socialement, l’hiver, ça craint !

Arrêtons l’hypocrisie : bizarrement en hiver, on se sent plus l’âme d’un hôte que d’un invité (tiens, je ne suis pas peu fière de la formule).

Plan A : on nous invite directement après le boulot : why not mais le taxi est impératif. Plan B : on vous invite un samedi. Les hôtes sont banlieusards : faut voir où, faut checker la météo (neige ou pas ? verglas ou pas ? Limite province ?). Avantage aux banlieusards, pas d’hésitation on y va en caisse. Les hôtes sont parisiens. Plan A : ils ont une place de parking (ok on va y penser). Plan B : ils habitent dans le Marais et sont écolo… euh non, désolé on est pris.

Bref, les invitations sont soigneusement étudiées. Evidemment s’il faut ajouter le facteur kids, il faut vraiment, vraiment être motivés (vécu la semaine dernière : la complication vient évidemment lorsqu’il faut sortir les mouflets de la voiture à 1h du mat).

 

Format blog oblige, je vais écourter l’aspect "contre l’hiver" et passer à celui pour lequel vous êtes allés jusque là.

 

POUR L’HIVER

 

Esthétiquement, je vous jure, j’ai cherché un contrepied… mais pour les filles il n’y en pas. Par contre, les mecs, eux, peuvent porter des collants (et là, désolée, mais toute seule devant mon ordi à 22h00, je me marre), mettre des débardeurs sous leur chemise, enfiler des chaussettes de sport (voire de ski), superposer chemise, pull, veste, manteau et basculer en mode Bibendum sans essuyer aucune remarque.

Les femmes (et encore, c’est fonction de leur niveau social) sont autorisées à porter des Uggs (démarche éléphantesque assurée), des Kickers ou des Docs et des pantalons tous les jours alors que leurs collaborateurs ont été habitués à les voir en jupe. Néanmoins, et cette précision me tient à cœur, rien (mais rien de rien) ne saurait justifier le port de cache-oreilles ou du bandeau (polaire ou non d’ailleurs).

 

Gastronomiquement, l’hiver, c’est le pied. On enchaîne raclettes, fondues, tartiflettes et pâtes (j’en profite pour glisser un discret appel du pied à Jules :  visite imminente à Swann et Vincent ?) en se cachant derrière le prétexte qu’en hiver, on brûle davantage de calories (on en reparle au mois d’avril hein ?).

On peut boire des vins chauds (j’en entends parmi vous qui crie au blasphème : grave erreur !) ou des rhums chauds. Les vins rouges tanniques sont recommandés, tout comme les mojitos ou les ti’punch (orthographe approximative).

 

Et last but not least : avec de telles températures, on peut, sans scrupule, bouiner sous la couette pour les childfree ou coller les mouflets devant l’intégrale Disney pour les parents, tout en les laissant en pyjama.

 

A bien y réfléchir, je n’ai rien contre l’hiver, dès lors que je n’ai pas à mettre mon nez dehors à 8h du mat’, que je peux contempler la neige tomber, que mon véhicule démarre sans soucis, qu’il ne m’empêche pas de voir des potes, que ma peau et mon coeur ne se craquelle pas, qu’une âme généreuse me serve vin et thé à volonté... et surtout qu’il n’excède pas un mois.

 

Nota bene : ce n'est pas parce que le paragraphe "contre" comporte plus de lignes qu'il est celui auquel j'adhére...

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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