Pause clopes

Publié le 8 Mai 2010

 

clopesJe suis une ex-fumeuse repentie. En clair, j’ai arrêté de fumer pendant huit ans et patatras, en décembre, j’ai repris cette habitude. Notez que pour l’instant, je tente de ne pas y apporter de jugement de valeur ni d’en expliciter les raisons. C’est comme ça, j’ai renoué une relation perverse avec ma vielle cop’s Nicotine ; et comme je suis plutôt du genre radicale, j’y suis allée franco, pas juste une petite clope par ci par là.

Donc, si vous calculez bien, vous constaterez que j’ai arrêté de fumer en 2002. Outre le fait qu’à l’époque (ouais je sais la formule file un coup de vieux), le paquet de clopes coûtait deux euros de moins qu’aujourd’hui, il est une loi qui a littéralement révolutionné la pratique des fumeurs : Le décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 (j’ai fait des recherches, c’est mon côté journaliste d’investigation). En clair, celle qui interdit de fumer dans les entreprises, les établissements, les restos, les bars…

 

Il y 8 ans, je faisais de l’intérim et on pouvait fumer devant notre écran d’ordi tout en tapotant un courrier pour un quelconque chef ; on avait les meilleurs places au resto (rappelez-vous non-fumeurs : vos tables se trouvaient près de la porte ou près des chiottes), on sirotait son mojito au bar la clope à la main, on pouvait cramer les mecs qui nous collaient trop sur la piste de danse, on patientait pendant les grèves de la SNCF en enchaînant clopes sur clopes sur le quai…

Lorsque Philip (Morris) et moi, on a recommencé à se fréquenter, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : cette douce époque était bel et bien révolue et il allait falloir me plier aux règles de cette nouvelle configuration.

 

Première expérience lors d’un spectacle au mois de janvier (rappelez-vous les moins 15° quotidiens) : à l’entracte, précipitation dans les escaliers pour tirer quelques lattes sur un minuscule trottoir au milieu de mes compagnons d’infortune. Conséquence n° 1 : pas le temps de prendre un verre au bar avant la reprise (c’est peut-être le seul moment où on fait une économie ceci-dit).

Dans la même veine, il y a le resto. Autrefois, on patientait entre les plats en s’en allumant une, peinard, et je ne vous parle même pas de celle, divine, qui précédait le café. Désormais, il faut sortir tout en résolvant le problème (si on est deux à fumer) des affaires qu’on laisse ou pas sur la chaise et surtout faire abstraction du regard du serveur qui se demande si on va pas se tirer en deux-deux.

 

Et cette semaine, j’ai découvert la pause clopes des travailleurs. Ahhhhhhhhh… Grand moment. Première étape : y-a-t-il d’autres fumeurs parmi mes collègues proches : en général, ils sont facilement identifiables grâce à leur odeur (bah oui, faut pas se leurrer non plus) et à la voix rauque pour certains. Deuxième étape, comment ça s’organise en pratique ? J’ai le droit à une clope par demi-journée ? A heure fixe ? J’y vais toute seule ou toujours avec les mêmes ? J’en fume combien lors de la dite pause ? Tu m’étonnes que je sois fatiguée de la première semaine de taffe : ce sont autant de nouveaux paramètres à intégrer.

Et de quoi qu’on cause dans le patio fumeur (sur ce coup-là, j’ai du bol, c’est un lieu hyper convivial ! Good news : de tout sauf du taf ! De foot (je vous laisse deviner le sexe des intervenants du secteur), de mômes, de jardinage, de déco, de ciné, de bouquins, de bouffe… Et en plus, on prend son temps.

 

Ah et j’allais oublier : en 2002, je fumais où je voulais chez moi : pas de mouflets à préserver, rien à foutre que linge en train de sécher dans le salon sente le tabac… Alors qu’en 2010 (année de tous les vices, comme aime à la dire une amie), on se caille à fumer sur le balcon avec écharpe et plaid polaire (pour le côté glamour, on repassera). Comme quoi, on peut être fumeur et responsable, ce n’est pas incompatible

 

Petit bilan donc de mes nouvelles pratiques : faut limiter sa conso sinon le budget est plombé (je me rappelle que dans les années 2000, on hallucinait sur le prix du paquet outre-manche et qu’on clamait haut et fort : "non mais attends, moi à 30 balles le paquet, j’arrête illico !!"… Bien sûr !!), reprendre la cigarette en hiver n’est pas la meilleure chose à faire mais la communauté des fumeurs a fait preuve d’une capacité d’adaptation hallucinante devant laquelle on ne peut que s’incliner.

Sur ce, excusez-moi mais l’appel de la nicotine se fait entendre !

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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