Nouvel an

Publié le 30 Décembre 2010

Courage ! Plus qu’une journée et on ne vous posera plus cette satanée question qui revient aussi sûrement que les chocolats à Pâques : "Et toi, tu fais quoi pour le 31 ?" Nul besoin bien évidemment de préciser le mois dont il s’agit. C’est la soirée du nouvel an qui occupe tous les esprits… depuis trois mois pour certains.

 

J’en connais qui, dès septembre, sont à bloc. Putain, t’as même pas digéré que les jours commençaient à raccourcir, que déjà ils te parlent de la période la moins lumineuse de l’année. Dès l’automne, ils rameutent les troupes, sonnent le tocsin, vous envoient mails et texto voire, pour les plus affolés, créent un événement Facebook.

Considérant ma capacité à me projeter, je vous laisse imaginer ma (non)réaction.

Heureusement, il semble que cette espèce d’individus soit en voie d’extinction.

 

Ensuite, c’est la trêve des confiseurs : on est peinard pendant deux mois… jusqu’à ce que le fameux mois pointe son nez. Et là, ça repart de plus belle : tes compagnons de métro se la posent, ton ass’ mat’, tes potes, ta famille, tes collègues, ta hiérarchie te le demandent. "Et alors, quoi de prévu pour le 31 ?" Mais merde à la fin, ça me fait chier le réveillon, cette absolue nécessité de faire la fête pour la fête et si possible au sein d’une assemblée dense. C’est LE moment où il faut prouver à la planète entière que tu es très entourée, que tes amis se bousculent au portillon, que tu sais t’éclater. La pression qu’on s’impose les uns aux autres est épuisante.

 

N’allez cependant pas croire que je n’ai jamais réveillonné (d’ailleurs je n’aime pas ce verbe : ça m’évoque invariablement les oreillons) ! J’ai des souvenirs de fiesta quand j’étais mouflette avec les voisins de mes parents, de mes nouvel ans (je reste perplexe devant le pluriel de cette expression : des nouveaux ans ? Des nouvel ans ?) d’étudiante démentiels. De 31 décembre en tête-à-tête, de parties de Mario Kart jusqu’à point d’heure parce qu’enceinte de 5 mois et fatiguée, de soirées avec deux couples d’amis autour d’une bonne bouffe.

J’en ai vécu au cours desquels je balançais cotillons (tiens encore un mot dont je n’aime pas la sonorité) ; d’autres où mon palais découvrait émerveillé un subtil Pouilly Fuissé ou un divin Saint-Estèphe. J’ai également passé le cap déguisée en Colombine, simplement vêtue d’une sublime petite robe noire ou en jean et débardeur.

J’ai vécu des passages vers une autre année avec soulagement, angoisse, amour, inquiétude, sérénité ou impatience…

J’ai parfois mangé sushis, crêpes, raclette, caviar ou chapon…

J’ai dû décompter les dix dernières secondes qui me séparaient de l’année suivante en hurlant, ivre, silencieusement ou sautillant comme un cabri (si, si je sais faire).

 

J’ai appelé ceux qui m’étaient précieux depuis une cabine téléphonique ou la ligne fixe de mon hôte ; j’ai envoyé des sms frénétiquement, préparé des e-cards Dromadaire à la pelle, écrit des cartes de vœux monstrueusement kitch.

 

J’ai cette chance d’avoir toujours eu quelqu’un à embrasser ce soir-là, quelqu’un à qui souhaiter que tous ses vœux se réalisent. Cette chance également de revoir des preuves d’affection ce jour-là (ou une semaine plus tard vu l’encombrement des réseaux SFR, Bouygues et Orange.

 

Oui, je suis riche de plus d’une trentaine de 31 : certains me laissent un souvenir impérissable, alors qu’il en est d’autres que je voudrais oublier.

Aux petits curieux qui se demanderaient à quoi ressemblera celui de 2010 ou qui auraient l’outrecuidance de m’interroger : "alors, tu fais quoi le 31 ?" Je répondrai : "Je fête Noël !"

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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M. 11/02/2011 14:14


Enfin quelqu'un qui pense comme moi!
Ca m'insuporte de devoir me projeter 2 mois dans l'avenir pour savoir si j'ai envie d'aller au ski etc... alors que je me refuse toujours à me dire que l'été est fini et qu'il va falloir me mettre
en mode pull veste et tout ce qui fait que j'aime pas l'hivers!
moi qui me décide toujours au dernier moment, je n'aime pas qu'on me mette la pression pour savoir si je veux participer ou pas à ces pseudos évènements
Moi je sors beaucoup, presque tous les soirs (même si maintenant un peu moins), donc j'aime ne rie nfaire pendant le reveillon. un petit repas entre amis dans un appart avec de la bonne humeur
c'est parfait.
Le 31 décembre j'aime ne pas faire comme le reste de l'année :)


Jenny Grumpy 15/02/2011 19:47



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