Manuel de survie à l'usage du parent accompagnateur

Publié le 16 Juin 2011

En tant que parents, il est des situations auxquelles vous serez inévitablement confrontés (non, non, vous n’avez pas fait d’erreurs dans l’url et vous n’êtes pas non plus sur un Mum’s blog). Leçon n° 1 (à ce jour, j’ignore s’il y en aura d’autres) : l’accompagnement de la classe du petit d’homme en sortie scolaire. Bien que ce ne soit que la deuxième de ma courte vie parentale, je m’arroge le droit de vous donner quelques éléments de survie.

 

1/ Ne pas se forcer !

C’est la règle d’or. Considérant qu’il n’existe pas de diplôme du bon parent, ce n’est pas parce que vous n’accompagnerez jamais des gamins en furie que vous serez de facto considérés comme mauvais parents. Bien sûr, il y celles (bah oui, pas de langue de bois ici, ce sont plus souvent les mères qui s’y collent) qui sont de toutes les sorties et qui titilleront toujours votre culpabilité. Un seul mot d’ordre : Rien à foutre !

Une fois qu’on a dit ça, on n’est pas plus avancé. Zoomons maintenant sur ceux qui se disent qu’ils iraient bien au moins une fois, comme ça pour voir… Histoire de raconter plus tard qu’ils y étaient. A ceux-là, je conseillerais de se magner. Et pour cause, je pense qu’au-delà de 11 ans, votre présence sera loin d’être aussi désirée que pour le mouflet de l’école primaire.

 

2/ Anticipez !

Si vous avez pris la résolution de rentrer dans le cercle du parent accompagnateur, on peut légitimement estimer que vous êtes un parent concerné. Alors rencardez-vous ! Les instits ont eu une vague idée des sorties de l’année à venir. Ne vous précipitez pas sur la première venue ; vous risqueriez de le regretter. Sauf évidemment si elle vous tente à mort et que vous êtes prêt à poser un congé sans solde pour en être.

 

3/ Fuyez !

Les mômes, on les aime parce qu’ils sont enthousiastes et que le concept même de la sortie hors les murs les enchante. Ils devraient donc être partants pour tout ce qui leur sera proposé. Mais rappelez-vous : vous n’avez plus cinq ans. Un conseil donc : refusez le spectacle de marionnettes, la pièce de théâtre miteuse ou les dessins animés chinois des années 60. Oui, ça sent le vécu ! Vous risquez, au mieux, de lutter contre de terribles coups de barre ; au pire de devoir gérer des enfants qui s’emmerdent autant que vous.

 

4/ D-Day

Ca y est, vous êtes l’heureux accompagnateur de la sortie la plus chouette de l’année, le plus souvent aux beaux jours, facteur non négligeable. Bien que n’ayant pas poussé plus avant l’étude, j’ai comme l’impression que la sortie interactive est toujours plus couronnée de succès que le spectacle, aussi bon soit-il.

Un principe de base : respectez votre engagement ! Ouais, je sais que je peux être péremptoire parfois, mais c’est le minimum, question de respect vis-à-vis du petit d’homme et de l’instit.

 

5/ Préparez-vous !

La veille du jour J, faites une bonne nuit de sommeil. N’oubliez pas que vous aurez face à vous une trentaine de gamins qui auront dormi une bonne dizaine d’heures et qui sont au taquet depuis une semaine au moins. Alors, on ne se met pas minable la veille au soir, on est sage et on va au lit de bonne heure. Evidemment, on se sera rencardé : pique-nique ou pas pique-nique. Si oui, on fait quelques courses pour pas être à l’arrache le matin-même.

Au petit matin, on prépare tranquille le petit dwich du mouflet, les Pom’potes, la flotte, les barquettes (ou tout autre gâteau aux fruits, le chocolat étant à proscrire) et on pense un peu à sa pomme aussi. Et on part la fleur au fusil avec un enfant fier comme Artaban d’emmener son parent en goguette.

 

6/ Au cœur de la bataille.

Ca y est vous y êtes ! Les enfants trépignent et vous, vous scrutez vos compagnons adultes, ceux qui seront de la partie. Pas de mauvais esprit s’il vous plaît ! On reste neutre quand on découvre que la mère docteur es-gestion fait partie du voyage. On se rappelle qu’on est là parce qu’on est parent et que ce n’est pas nécessairement le moment d’avoir une conversation d’un haut niveau intellectuel. On admire l’équipe enseignante à l’œuvre qui compte et recompte les troupes et on embarque dans le car. Notez ici que je n’ai pas dit le bus, assimilé aux transports en commun, parce que là, c’est une autre galère.

Si vous avez bien choisi votre sortie, vous devriez vous en sortir les doigts dans le nez (encore qu’il est judicieux d’évitez de le faire, exemplarité oblige). Les mômes s’éclatent et vous aussi.

 

7/ Son enfant… et les autres.

Comment se comporter avec son enfant ? Non, ce n’est pas Rufo, Antier ou Pernoud qui vous parle ! Oui, privilégiez-le ! Après tout, il est bien heureux que vous soyez présent ce jour et bien fier de vous présenter à ses copains. D’ailleurs, souvent les copains vous collent aux pompes davantage que votre propre enfant. Alors, oui on le prend par la main, oui, on porte son sac à pique-nique, oui on lui fait un câlin énorme ! Quant aux autres, on accepte volontiers les bisous, les compliments et les autres mains, dans la mesure du possible.

 

8/ Les adultes

C’est le moment où on peut découvrir de chouettes parents : ceux qui pensent au café, celui qui allume sa première clope à 5 mètres de la troupe, celle qui a dévalisé le rayon biscuits, celle qui vous apprend que la classe a fabriqué un cadeau que, comment, vous n’avez pas récupéré ?

 

9/ Profitez !

Prenez un plaisir de dingue ! Chopez les instants où votre enfant oublie que vous êtes là et se comporte comme vous ne l’avez jamais vu : volez ces moments qui vous sont d’habitude inaccessibles ! Rajeunissez ! Chaussez vos Converses ou vos Kickers un jour de semaine ! Trimballez-vous avec un sac Eastpack, l’accessoire banni pour aller au taf quand on est une nana qui a dépassé la trentaine ! Savourez toutes ces mirettes qui scintillent ! Bref, KIFFEZ !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Bébé-Enfant

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