Ma môme

Publié le 5 Avril 2012

Il paraît que j’ai l’air plus âgé que je ne le suis réellement lorsque je désigne ainsi celle qui a soufflé ses 3 bougies aujourd’hui. Certes, j’aime à cultiver (parfois) une certaine paresse langagière, mais lorsqu’il s’agit de parler d’elle, c’est spontanément môme ou mouflette qui jaillit de ma bouche.

Parce que l’argot, la langue populaire, est ce qui sied le mieux à ce qu’elle est aujourd’hui. Ce n’est pas une petite fille, une gamine, une mioche ou une gosse… Non, c’est une môme, ma môme.

 

Bien sûr que la majorité des parents aiment leurs enfants, aveuglément parfois, durement aussi ou obstinément et je ne fais pas exception à la règle. Il m’aura fallu du temps pour apprendre à la connaître et à l’aimer donc. Je me répète, mais je ne crois pas en l’amour immédiat et fulgurant avec un enfant (pardon en MON amour immédiat) sous prétexte qu’on l’a porté. Pour quelles obscures raisons aurais-je dû l’aimer immédiatement, à l’instant même où nos univers se rencontraient ? J’en ai pris soin évidemment : je l’ai nourrie, changée, bercée… mais l’aimer, ça s’est installée doucement et désormais, c’est solidement ancré.

 

A toi, ma môme, ma jolie môme, qui liras peut-être ces quelques lignes dans quelques années, je voudrais que tu n’oublies jamais quelle personne extraordinaire tu es. Extraordinaire parce que ton cœur est immense : tu donnes naturellement ton sourire, ta tendresse, tes baisers à ceux qui croisent ta route. Tu as su y loger tes parents, jules, tes grands-parents, les grands-parents d’un autre chouette gosse, tes baby-sitters, les bébés de ton harem…

Tu n’es jamais avare de preuves d’amour, à tel point qu’elles en deviennent brutales. Tes accolades plairaient à des rugbymen, tes baisers sonores feraient éclater des liftings, tes envies de câlins renverseraient un judoka…

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ce serait injuste de te caricaturer ainsi. Tu ne te résumes pas à la brusquerie. Tu sais être attentive aux autres. Ton air grave et concerné lorsque tu vois perler une larme au coin de l’œil de ta maman en est un exemple. Du haut de tes trois ans, tu répètes avec conviction les formules magiques "Ca va aller. T’inquiète pas. Je suis là". Tu te précipites lorsque tu entends ton frère chouiner. Et tu sais te lover.

Ca, c’est pour le côté cœur.

 

Et il y a tout le reste. Ta curiosité, ta soif d’apprendre, tes capacités dont je mesure au quotidien l’étendu, ton sens du spectacle, ton humour… et puis cette fierté qui sera peut-être ta force si tu en fais bon usage. Ta lèvre inférieure qui tremble à peine devant les réprimandes, ton regard implacable lorsque tu es vexée… et tes rares, très rares moments de tristesse qui voilent tes yeux… brièvement. Car, tu passes vite à autre chose. Tu as raison ma môme, tu n’as pas le temps pour ces conneries : ta vie est dans la joie, le bonheur, l’amour que tu reçois et rends au centuple.

C’est ton anniversaire alors je passerai rapidement sur ton caractère. Tu auras noté que je n’ai pas employé de grossièreté. Ne t’y trompe pas, je ne te donnerai pas le bon dieu sans confession. Jamais !

 

Une certaine pudeur m’empêche d’en écrire davantage ma môme et puis je crois qu’il n’y a pas de mot.

Tu étais le bébé bonus/malus ; celle qui me faisait dire que je tentais le diable avec cette grossesse parce qu’un enfant, ton grand frère, était déjà inespéré ; celle qui interrogeait ma faculté à aimer deux enfants, moi la fille unique.

Et aujourd’hui, tu es celle qui m’a fait grandir. Je crois t’aimer avec justesse ma môme. Avec justesse, c'est-à-dire sans culpabilité, sans interrogation et avec une force insoupçonnée. 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Bébé-Enfant

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