Ma balance et moi

Publié le 28 Juin 2010

 

DSCF4974.JPGLe pèse-personne et moi, c’est une longue et tortueuse histoire dont je peux dater assez précisément le début. C’est aux alentours de mes 22 ans que notre relation a commencé à se compliquer sérieusement (certains préfèreraient douloureusement ou dangereusement). D’abord, vous aurez peut-être remarqué que je n’écris pas MA balance (et sachez que je suis toujours très attentive au choix des mots que j’emploie). Celle qui squatte ma salle de bain depuis 18 mois est un prêt longue durée pour la simple raison que je refuse d’en acheter une. Jusqu’à présent, son heureuse propriétaire ne me l’a pas réclamée, ce qui m’arrange car je serais confrontée à un choix cornélien : to buy one or not ?

 

Le prétexte à sa présence en-dessous du lavabo est la grossesse de mouflette numéro 2 (j’avais la chance d’avoir un doc’ qui ne m’infligeait pas la pesée à chaque visite mensuelle), puis je l’ai conservée afin de voir s’afficher à nouveau mon poids de forme. Poids de forme qui est revenu en décembre et même plus bas pendant quelques temps (période euphorique j’avoue). Logiquement, je pourrais donc la restituer mais… je n’y arrive pas. Elle et moi c’est une liaison passionnelle du genre "je t’aime, je te hais". Pourtant, elle est moche, mais vraiment laide, je veux dire. On est à mille lieues d’un objet design (vendu à un prix exorbitant, c’est dément !) : elle n’a pas de mémoire (heureusement), n’affiche pas la masse grasse (je m’en fous)… d’ailleurs elle n’est même pas électronique et elle est bleue.

C’est bel et bien un pèse-personne à l’ancienne qui, au choix, me met dans une super forme le matin, ou me fout un cafard monstre, c’est selon. Oui, oui un vieux truc avec une aiguille. Mais c’est là, son grand avantage : avec elle, je peux tricher (oui oui je suis championne de la malhonnêteté vis-à-vis de moi-même). Explication : si je sens que je ne vais pas aimer ce qui va s’afficher, je gruge un peu en la tarant. Ca fait un peu de bien au moral, faut dire ce qui y est. Et en plus, elle n’est pas hyper précise et ça, j’aime. Pour avoir testé, je trouve que les balances qui affichent une précision à 100 grammes près, c’est juste infernal et en plus, selon leur orientation ou l’endroit où vous les posez, le poids ne sera pas le même.

 

Il y a quelques mois, l’amoureux a néanmoins voulu investir (et là encore, je pèse mes mots) pour une vraie balance. Après une étude approfondie sur Internet une étude comparative des qualités et défauts des unes et des autres (à ce sujet, vous ne soupçonnez pas la pertinence et la quantité des commentaires qui pullulent sur le Net !), son choix s’est porté sur une marque que j’ai déjà oubliée (Hein ? Quoi ? Un acte manqué). L’objet démoniaque fit donc son entrée dans notre appart’ un dimanche matin et bien entendu, j’ai été contrainte et forcée de l’essayer. Quelle idée me direz-vous ? Pour se péter un week-end, il n’y a rien de tel !! Je sais, je sais, j’ai également un petit côté masochiste. Déssappage en règle donc afin de tester la bête : 3 kg de plus que ce que m’affichait la vieille. Ni une, ni deux, le monstre fut remis dans son carton et sans discussion aucune avec le chargé d’étude (l’amoureux donc), elle fut ramenée au magasin sans le moindre remord. Et j’ai nous avons décidé de conserver quelques temps encore, la balance préhistorique. Balance qui cette semaine m’agace prodigieusement, d’où ce billet d’une superficialité et d’un ridicule intérêt rarement atteint. Sur ce, je vais bouffer un Sundy !

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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