Les filles haut perchées

Publié le 6 Juillet 2010

Avant (avant quoi, on sait pas !), c’était facile, je marchais à plat : Campers, Doc, Kickers, baskets. Mais depuis que je m’habille en fille et aussi depuis que j’ai vu "Notre univers impitoyable", les chaussures à plat (et tout particulièrement les Campers), c’est plus possible. Au début, j’ai commencé petit… petit talon je veux dire et puis il y a un mois, j’ai fait le grand saut : 7 cm au garrot je dirais. Ce qui présente l’immense avantage de me faire dépasser le mètre soixante-dix et ça, c’est le kiff !

 

Sauf que le jour où tu chausses des talons hauts, c’est un tout nouvel univers (fascinant certes) qui s’ouvre à toi et l’environnement t’apparaît soudain beaucoup plus hostile. Car sache petit scarabée (à savoir femmes à plat et hommes) que le parcours qui te permet de toucher le ciel du bout du doigt est semé d’embûches.

 

Première chose : les chaussures en elle-même. A moins d’avoir les moyens de se payer des Louboutin – dans lesquelles, paraît-il on se sent comme dans des chaussons –, les chaussures à talons, pour dire les choses crûment, ça nique les pieds. J’ai appris récemment qu’il ne faut jamais mettre des chaussures neuves une journée entière : ouais d’accord, je veux bien, mais sachant que, sinon, je ressors des vieilles pompes pourries, je n’ai pas vraiment le choix.

 

Ensuite, marcher avec des talons, soit c’est inné, soit ça s’apprend… ou pas. Il suffit un peu de regarder les nanas en talons dans la rue : soit elles débutent dans le milieu, soit elles sont perdues pour la grande cause des filles classes haut perchées. Sur ce coup-là, je crois que je m’en sors pas trop mal, ouf !

 

Mais la maîtrise n’est pas suffisante : les rues parisiennes sont assez proches de l’idée que je me fais de l’enfer. De nombreux obstacles sont dressés pour nous compliquer la vie. J’ai ainsi remarqué que de nombreux trottoirs sont étrangement inclinés : je suis  bien incapable de dire à quel degré, mais suffisamment pour rendre délicat le fait de mettre un pied devant l’autre, tout en conservant un minimum d’élégance.

Ensuite, il y a les (très nombreuses) grilles qui jalonnent les dits-trottoirs mentionnés précédemment : je suis extrêmement vigilante à ne pas coincer un talon dedans (à croire que les écarts entre les barreaux ont été calibrés pour que nos chaussures s’y prennent). Voilà le genre de situation qui peut vite dégénérer et te plonger dans une humiliation totale.

Enfin, il y a également le relief incroyablement accidenté de ces putains de trottoirs : pavés, trous, petites bulles pour signaler aux aveugles qu’il y a un passage piéton (indispensables néanmoins).

 

Ajoutez à tous ces facteurs structurels, des éléments conjoncturels (quidams, enfants, poussettes, vélos, rollers, poubelles, objets non identifiés, bouts de voiture voire de camionnettes…) et vous comprendrez quel mérite ont celles qui portent des chaussures à talons.

 

Cependant, toutes ces épreuves en valent la peine. Si, si je vous assure ! Marcher haut perché est une pure délectation. Fierté, confiance en soi, classe, jambes allongées… Pour peu que vous ayez du bon son dans les oreilles et une démarche cadencée, voire chaloupée… Vous vous sentez juste merveilleusement bien.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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