Lectures en stock

Publié le 7 Novembre 2010

Pour ne jamais tomber en rade de bouquins, je fais des provisions… je stocke. En ce moment par exemple, une quinzaine de bouquins squattent l’une de mes bibliothèques, à l’horizontale. Certains sont là depuis des mois, probablement déprimés à l’idée que je ne les ouvre jamais ; d’autres trouvent à peine leurs marques dans cette pile éclectique. Parfois j’inverse l’ordre, je regarde ce qui m’attend ou m’interroge sur certains choix que j’ai pu faire il y a quelques semaines.

 

Une fois lus, certains sont directement rangés parce que je les juge d’un intérêt limité ou que je ne saurais pas quoi en dire ; d’autres, ont l’immense privilège de traîner quelques jours sur ma table basse afin que je me rappelle que je dois vous en parler. Sauf que depuis quelques semaines, une nouvelle pile s’est formée (sur une autre étagère si vous voulez savoir) : ils sont cinq à attendre que je prenne mon clavier pour vous pondre un billet. Mais le temps a passé et les émotions que j’ai ressenties en lisant la dernière page ont laissé place à de nouvelles, plus vives, plus fraîches.

 

Néanmoins (tiens un adverbe que j’utilise rarement), je n’arriverais pas à les ranger dans la dite bibliothèque sans vous en toucher quelques mots. Alors, je vais procéder à l’arrache et juste vous les signaler (mode feignasse, j’assume).

 

Ritournelle de la faimde J.M.G. Le Clézio

Par principe, je ne les lis pas les Prix, et encore moins les Nobel. Je sais, c’est con, mais comme tous les principes. Mais j’avais dû tomber sur une chronique de ce bouquin qui venait de sortir en poche et j’ai tenté le coup.

Evidemment, c’est un grand roman, d’une sobriété envoûtante, d’une écriture si intense qu’elle vous retourne les tripes. Un magnifique et lumineux portrait de femme et un tableau implacable d’une époque noire.

 

Le malentendud’Irène Némirovsky

Irène Némirovsky n’a que 23 ans quand elle écrit son premier roman en 1926. Une quinzaine d’années plus tard, elle mourra à Auschwitz. Je me rappelle de mon éblouissement au fur et à mesure que j’avançais dans cette chronique d’un flirt d’été qui se noie dans un adultère calamiteux. Elle n’ignore déjà rien de la désillusion amoureuse inévitable, du désespoir qui vous saisit lorsque l’amour s’en va, des insupportables projections que l’on impose à l’autre… A lire absolument pour prendre une bonne dose de maturité.

 

Chanson sans parolesd’Ann Packer

La déception en amitié est au moins aussi douloureuse que le chagrin d’amour. C’est de cette immense peine dont il est question dans ce délicat roman. L’amitié résiste-t-elle à toutes les épreuves ? Que peut-on demander à celle que l’on considère comme son alter ego ? Comment se construit cette relation si particulière ? Est-on plus exigeant avec celle ou celui dont on attend qu’elle nous comprenne plus que notre jules, notre mère, notre sœur ? S’agissant de la façon dont je l’aborde, ce livre est de ceux qui raisonnent profondément en moi.

 

Voilà pour trois des cinq bouquins en carafe : pour les deux autres (les derniers Adam et Ellory), je vais leur laisser (et me laisser) une possibilité d’en faire un billet à part entière.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Lecture

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tibébéré 08/11/2010 06:55


salut,
As-tu déjà lu d'Irène Némirovsky "suite française"? je l'ai lu il y a quelques mois, j'ai beaucoup aimé...

Là je suis en manque de bouquins c'est horrible, je rattraperai le temps perdu en Janvier en regardant tes critiques ;-)
biz
béré (cousines d'aurélien)


Jenny Grumpy 08/11/2010 21:04



Ola


Oui j'avais commencé par celui-là. Impressionnant !