Lecture : Demain ce seront des hommes de John Harvey

Publié le 6 Juin 2010

 

Demain-ce-seront-des-hommes.jpgIl y a du beau monde dans ce recueil de nouvelles présenté par John Harvey : Dennis Lehane, James Sallis, Bill Moody, George P. Pelecanos, Michael Connelly… Rien que des hommes, des grandes plumes du roman noir à l’anglo-saxonne réunis dans une anthologie autour d’une question : ce que cela représente d’être un homme. A ce moment précis, j’ai bien envie de faire la fille sarcastique (ce que je suis parfois finalement) et de balancer un petit pic, parce que dans les hommes dont j’ai croisé le chemin, j’en connais certains qui n’ont jamais dû se poser la question. Voilà, ça c’est dit : fin de la parenthèse !

 

Mais revenons à ces dix-sept auteurs qui, à la demande d’un des leurs, ont planché sur le thème universel de la quête immuable de la connaissance de soi : comment s’accepter tel que l’on est avec le poids de la famille, les responsabilités choisies ou non, la capacité à gérer les échecs, la faculté à déclencher les réussites de tout ordre… Est-ce le fils qui fait l’homme ou le père ? Comment rester digne, se respecter et se faire respecter alors que les circonstances ont parfois tendance à souligner la bassesse et la lâcheté qui sommeille (pour certains, elle est plutôt pleinement éveillé de ce que j’ai pu voir) ?

 

Chacun de ces écrivains tentent, non pas nécessairement de répondre à toutes ces questions mais au moins de pointer du doigt les difficultés à faire son chemin. Evidemment, l’environnement pourri dans lequel évoluent les protagonistes ne facilitent pas les choses et la donne est pourrie à la base pour la plupart : les figures masculines qui jalonnent leur vie sont des gangsters, des petites frappes, des pervers libidineux… Quant aux femmes, je ne peux m’empêcher de noter qu’elles sont quasi-absentes de tous ces récits. Attention, c’est la minute féministe, mais ce n’est pas moi qui ai dit que "derrière chaque grand homme, se cache une femme" (d’ailleurs, je ne sais pas qui sait mais il me semble que c’est un proverbe arabe). Naturellement, c’est un autre débat et il ne nuit en rien à la grande qualité de cet ensemble de textes d’une incroyable diversité tant dans l’écriture que dans l’atmosphère ou la psychologie. Je pense que pour les apprécier encore plus, il ne faut pas les lire d’affilée mais plutôt les intercaler entre d’autres lectures très différentes : le plaisir n’en sera que plus intense.

 

 

John Harvey, Demain ce seront des hommes, Rivages, 2010, 477 p.

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Lecture

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