Le maquillage à l'épreuve du Darwinisme

Publié le 17 Mai 2010

 

DSCF4592-copie-1.JPGAvant d’être la fille femme que je suis aujourd’hui (depuis quelques mois en réalité : à 30 ans révolus, il était temps), j’étais une autre moi. Pour simplifier, une éternelle ado. Et une éternelle ado, ça fait quoi au quotidien ? D’abord, ça râle (souvent), ça pique des colères démentes (j’hésite sur l’adverbe à employer), ça ne porte que des jeans et des Converses (ou des Nike ou des Campers), ça ne quitte pas son duffle coat de l’hiver et surtout (parce que c’est dont je vais vous parler), ça ne se maquille pas… jamais ou alors si elle est invitée à un mariage (et faut que ça soit quelqu’un qui lui est cher), elle tente un coup de mascara pis c’est tout.

 

En 2010, les choses ont bien changé et très brusquement même : ça m’a un peu pris comme une envie de pisser de me maquiller. Et en toute modestie (oui la modestie c’est tout moi), je crois que le résultat est plus que satisfaisant surtout si l’on considère d’où je suis partie. Deux hypothèses pour expliquer ce phénomène à la limite du paranormal. La première : il n’y en a pas, c’est arrivé on ne sait pas trop comment. La seconde : c’est le fruit d’une évolution très très lente. J’imagine que la réponse se situe à mi-chemin entre les deux et d’un point de vue anthropologique et sociologique, il me paraît intéressant d’en évoquer les grandes étapes.

 

Phase 1 - Je suis une môme et je ne pique rien dans la trousse de ma mère : je m’en fous !

 

Phase 2 - J’ai 24 ans et déjà j’entends parler de nanas (dont des cop’s of course) qui ne peuvent pas sortir de chez elle sans se maquiller. J’écarquille tout grand les yeux, je me les frotte d’étonnement (bah oui je peux ils ne sont pas maquillés) et je me dis que, malgré mes XX clopes par jour, je n’en ai pas besoin. Et je jubile (intérieurement parce que même si je suis une ado attardée, je sais faire preuve de diplomatie, avec mes amis en tout cas).

 

Phase 3 - Ca commence à me travailler : j’évoque le sujet avec mon amoureux. La honte s’immisce dans la partie gauche de mon cerveau : ce n’est pas tant que je n’aime pas me maquiller… c’est que je ne sais pas le faire. Ni une, ni deux, comme il est hyper attentif, il m’offre un jour un cours de maquillage chez Make up for ever, valable 6 mois. A l’instar des box dont je vous ai déjà parlé, je prends rendez-vous juste avant la date butoir. Et pendant ce cours (et après), la honte fait place à l’humiliation. C’était juste un enfer (oui c’est superficiel mais vous vous attendiez à quoi ?). Toutes les gazelles qui sont là maîtrisent au moins les bases. Alors que moi, peanuts : je ne sais même pas mettre du fond de teint. Je pourrais entrer dans le détail de ce calvaire de deux heures : Jenny se tartine, Jenny n’arrive pas à garder l’œil ouvert pour se mettre du fard, Jenny ressemble à une poupée russe grâce au blush… mais je vais laisser votre imagination faire son œuvre. Sachez juste qu’après le cours, j’ai filé direct at home pour enlever tout ça. Et j’ai mis en veilleuse mes velléités de pin-up.

 

Phase 4 - Fin 2009, je me prends par la main, toute seule comme une grande parce que je me sens prête (c’est un peu comme quand tu décides de franchir la porte d’un psy : même démarche intellectuelle). Je fais avec ce que j’ai : parce que le plus dingue, c’est que je dispose quand même du matos de base et c’est plutôt encourageant. Un dîner chez The amie qui m’initie au pinceau et aux yeux et tac, ça y est je sais faire… quelques vidéos chopées sur le net histoire d’affiner la technique et bing, c’est classe et j’adore. Sauf que maintenant, je claque aussi pas mal de tunes chez Séphora : aïe !

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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