Le goût de l'effort

Publié le 8 Juin 2010

Je n’ai pas le goût de l’effort. Enfin, il paraît. C’est ce que m’a sorti une des quelques psy qui ont traversé (celle-là comme une étoile filante) mon existence. Attention, ça ne veut pas du tout dire que je suis une feignasse (enfin si un peu, mais ce n’est pas le propos). Simplement, il semblerait que je ne sois pas en permanence animée d’une envie de persévérer, de me donner les moyens de réussir ou d’aller plus loin.

Bien sûr, lorsque cette psy(chothérapeute clinicienne somaticienne pour être précise) m’a balancé cette phrase en pleine tête, ça m’a vexée (autre aspect de ma personnalité : la susceptibilité). Mais régulièrement, j’y réfléchis et j’essaie de voir un, si c’est un défaut ou une qualité ; deux, à quel point ce prétendu trait de caractère a pu influencer ma vie.

Résultat des courses près de deux ans après la sentence : je n’en sais strictement rien pour la bonne et simple raison que tout dépend à quoi le dit effort se rapporte et puis surtout la notion même d’effort elle-même est très relative.

 

Exemples concrets de ma capacité à faire des efforts. (Bon, j’avoue que j’ai un peu ramé devant mon écran pour vous en trouver mais c’est parce que je suis modeste !) Je suis capable de faire l’effort d’être souriante lors d’une soirée au cours de laquelle je me fais royalement chier juste pour le plaisir de mon amoureux ; je peux même donner l’impression de m’amuser comme une petite folle. Ce n’est pas de l’hypocrisie, juste un effort par rapport à mon penchant naturel à ne pas encombrer mon existence de moments inutiles. Sauf que finalement ce n’est pas surhumain puisque je le fais pour la bonne cause.

Là c’est le point le plus développé que j’ai l’intention de vous fournir. Sinon, je peux faire l’effort de lire un bouquin merdique (genre Musso, Levy ou Gavalda) juste parce que c’est un pote qui me l’a offert. Je peux aussi faire l’effort de ne pas faire le ménage, le repassage juste pour soulager l’ego de mon amoureux fortement attaché au partage des tâches au sein du couple. Je peux ne pas lire dans un métro blindé alors que c’est le meilleur moyen de me couper de mes semblables (misanthrope ? Qui ? Où ça ?). Je peux également ne pas boire plus de trois verres au cours d’un repas histoire de ne pas passer pour une alcoolique.

 

Si vous êtes un peu finaud (et je n’en doute pas), vous aurez sans nul doute noté qu’il ne s’agit que d’efforts ponctuels. Peut-être (je dis bien peut-être) ai-je du mal à faire des efforts dont l’effet ne sera pas visible et bénéfique immédiatement. Mon parcours scolaire et universitaire (et plus largement professionnel peut-être bien) est assez emblématique. Des efforts justement, je n’ai jamais eu besoin d’en faire pour cartonner en classe (allez, je vous le dis : pour être brillante) et il n’est pas faux de dire que je n’ai pas fait l’effort de suivre une prépa exigeante après le bac (j’y ai préféré une fac de ciné just for fun).

Dans la même lignée, je n’ai pas fait l’effort de poursuivre après une maîtrise en DESS (à l’époque on ne parlait pas de master… et paf, je me mets une baffe toute seule rapport à ma trentaine galopante). Encore que là, c’est l’appât du gain qui a guidé mes pas !

Je n’ai pas non plus fait l’effort d’affronter une seconde fois un prof en école de journalisme avec qui j’ai eu des divergences d’opinion : j’ai tout plaqué du jour au lendemain. Idem pour tous les postes que j’ai occupés : pas le goût d’attendre une hypothétique évolution de carrière.

Aïe, ça pèse lourd dans la balance tout ça !

 

Certains y verraient là un manque d’ambition. Heureusement, il s’avère qu’en ce moment, je suis plutôt dans l’esprit verre à moitié plein (voire complètement plein même) et on peut considérer que cela fait de moi une personne plutôt facile à vivre au quotidien dans le perso et non arriviste dans le boulot.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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