La bière

Publié le 25 Avril 2012

Ceux dont le palais s’émoustille lorsqu’ils en boivent la première gorgée ne mesurent pas leur chance. Il y a une quinzaine d’années, Delerm père avait mis les mots sur ce plaisir minuscule. A peine sortie de l’adolescence lorsqu’il écrivit cette ode à la bière (hé oui !!), j’ignorais encore à quel point aimer cette boisson était important dans la vie. Et le hic, c’est que moi, la bière… J’aime pas. Enfin si, j’aime la Despé, mais, selon les puristes, ce n’est pas vraiment de la bière. Et en plus, je dois reconnaître que le nom est nul (mais je m’en fous, j’assume !).

 

OR, ne pas aimer la bière, c’est chiant !

 

Soifement d’abord, ça pose problème. J’ai comme l’impression que c’est la boisson la plus désaltérante qui existe. Que celui qui s’apprête à me rétorquer : « non, c’est l’eau » s’abstienne. Tous ceux (et toutes celles) que je connais s’extasient sur la fraîcheur, le bénéfice de ce divin nectar. Oui, mais moi, j’aime pas la bière : c’est amer, ça pue, ça donne une haleine de fennec. Bref, c’est dégueu… mais ça apaise la soif !

 

Socialement, aussi, c’est compliqué. Et ça, on s’en rend compte très jeune. La bière incarne la boisson conviviale par excellence. Ca commence à 15 piges et ça dure jusqu’à ce que mort s’en suive. Ah, les concours de rots des lycéens !! Cette poésie des mercredis après-midi alors que les parents bossaient. Les trentenaires aussi kiffent leur bière de l’after-work, du barbecue dominical, du before-apéro.

 

Financièrement, la bière n’est pas sans avantage. C’est la boisson du prolo, alors c’est pas cher. En Happy Hour, on te donnerait presque une piécette avec ton demi de Kro.

 

Et linguistiquement, la bière n’est pas en reste : binouze, mousse, bibine ,roteuse (sans déconner, d’où ça peut venir ?), tize… Quelle richesse dans le vocabulaire !

 

Oui mais voilà la bière, j’aime pas ! C’est bizarre d’ailleurs. Génétiquement, il n’y pas de raison et puis en terme de personnalités, ça aurait pu coller entre elle et moi. J’ai parfois un petit côté populo, gouailleuse, pas classe du tout. J’ai essayé pourtant : j’ai goûté de la Kro, de la 16, de la brune, de la blonde, de la tchèque et j’en passe. Mais l’alchimie n’a jamais pris… à mon grand désarroi.

 

 

Il m’a donc fallu pallier ce dégoût. Et heureusement, mon aversion ne s’applique pas à toutes les bulles. Bonne nouvelle : j’aime le Champagne et il me le rend bien (cherchez pas, il n’y a rien à comprendre). Bien sûr, il n’y a jamais d’Happy Hour sur la coupette. Le champagne des bars est rarement frappé et pétillant à souhait. Reste donc deux options : soit on commande la bouteille, ce qui implique de se trouver un compagnon de beuverie (un, mais pas plus !), soit on garde ça pour le domicile (le sien ou celui des autres).

 

Plan B : le verre de vin. Pourquoi pas ? C’est très français finalement, mais loin du cliché franchouillard… Sauf que ça ne désaltère pas. Ah oui, parce que le verre de vin est forcément rouge, éventuellement blanc mais jamais, oh grand jamais, rosé. D’ailleurs, c’est simple, le rosé, c’est pêché. Second inconvénient lorsqu’on prend un verre de rouge, on n’a toujours fini avec le buveur de bière. Question de centilitres sans doute.

 

Mais tout ça, c’était avant… Avant la déferlante Mojito sur la planète France. Et le Mojito renferme en son sein tous les avantages de la bière sans ses inconvénients. Il est classe, voire branché ; il est frais ; il pétille ; il entre dans l’Happy Hour ; on le trouve dans tous les bars ; on peut le faire chez soi ; il se sirote ; ses déclinaisons sont multiples…

 

Un bonne nouvelle pour les houblonphobes.

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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