Génération 90

Publié le 4 Décembre 2011

Ca y est, c’est arrivé !! La tournée de ma génération existe… Ou comment prendre une claque temporelle en deux minutes.

Il y a quelques années, j’offrais à ma mère le spectacle "Age tendre et tête de bois" (années 60 pour ceux qui seraient vraiment hyper jeunes), c’est désormais mon tour d’avoir le privilège ( ?°) de voir sur scène ceux qui étaient au top il y a quelques temps. Merci à 66 minutes de m’avoir fait connaître ce fabuleux show (je cite).

Oyé oyé, sachez qu’en ce moment, vous pouvez prendre vos place pour "Génération Dance Machine". Oh putain !! C’est donc comme ça que nous serons donc qualifiés !

Alors, qu’est-ce qu’on y trouve : Larusso, Benny B (là, j’ai vraiment mal !), Boris, Yannick, Indra, Corona, Gala (bizarre ces rimes en A), Worlds Appart… Désolée, mais Ophélie Winter s’est finalement désistée (j’entends déjà les cris de désespoir de certains d’entre vous !).

 

Alors oui, j’avoue, j’ai dansé sur certains titres. Oui, j’avoue, j’ai chanté à tue-tête "Tu oublieras !". Mais les années 90, ce sont tout de même 10 ans (ouais, je sais qu’une telle réflexion force le respect) et entre 1990 et 1999, c'est-à-dire entre 12 et 21 ans en ce qui me concerne, on ne peut pas dire qu’il y ait homogénéité.

 

A 12 ans, on pouvait encore me faire défiler en sans-culotte pour la fête de fin d’année sur le bicentenaire, à 21, j’en avais fini avec les culottes Petit Bateau (par contre, elles reviennent à la trentaine !).

 

A 12 ans, je portais un jean javellisé avec un lapin fluo faisant du skate sur la cuisse gauche. A 21 ans, c’était un Levis (501) sinon rien.

 

A 12 ans, j’étais une élève brillante avec les félicitations à chaque trimestre ; à 21 ans, je m’étais octroyée une année sabbatique après d’inutiles études de ciné.

 

A 12 ans, j’avais un chien qui s’appelait Love. A 21 ans, j’avais forcé mes parents à en prendre un que j’appellerais Nefta.

 

A 12 ans, je faisais le tour de la cour de récré dans l’espoir de croiser l’élu de mon cœur ; à 21 ans, celui que j’aimais m’avait déjà brisé le cœur.

 

A 12 ans, le cross du collège me rendait malade. A 21 ans, je courais tous les deux jours 45 minutes minimum.

 

A 12 ans, l’odeur des Gauloises brunes me filaient la gerbe ; à 21 ans, mon père m’achetait mes Philip Morris en douce (ce qui n’est pas incompatible avec l’item ci-dessus).

 

A 12 ans, je faisais un voyage scolaire à Munich ; à 21 ans, je partais 15 jours en Tunisie avec mes premiers salaires.

 

A 12 ans, ma meilleure copine me donnait une tétine en bois ; à 21 ans, nous étions brouillées.

 

A 12 ans, je faisais ma dernière colo de môme ; à 21 ans, j’envisageais de passer mon BAFA.

 

Mais 12 ans après, que reste-t-il de ces années ?

Larusso est devenue brune ; les Worlds Appart vendent des voitures ou des blanchissements dentaires ; Benny B se targue d’avoir écrit un nouveau titre (parce que, oui le premier était écrit !) ; la droite s’est installée au pouvoir ; mes cheveux sont passés du châtain au blond au roux au noir corbeau ; le vin rouge ne m’écœure plus ; la France a gagné la Coupe du Monde de foot mais n’a pas renouvelé l’exploit ; mes seins ont connu le 85 A et le 100 E ; mes pantalons le 34 et le 48 ; j’ai vécu à 2 dans un 19 m2 et dans un 100 m2, toute seule dans un 22 m2 et un 52 m2 ; l’Euro a remplacé le franc ; les enfants sont devenus une réalité…

 

La liste pourrait se poursuivre sur plusieurs lignes. Mais en ce qui me concerne, zéro nostalgie. J’ai adoré de 12 à 20, survécu de 21 à 30, me suis épanouie à partir de 31 ans. Finalement, la claque n’est pas si violente et je ne me reconnais pas dans cette génération Dance Machine. Tout simplement parce que je sens terriblement vivante et que je n’ai pas l’impression de sentir la naphtaline. On en reparle dans 10 ans. Allez dans 20 ! En attendant, je vis et je kiffe !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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