Épuisement inédit

Publié le 25 Janvier 2011

Il y a tout de même des signes qui ne trompent pas : aucune envie de faire les soldes (bon, bah trop de thunes non plus, mais c’est une autre histoire !), plus de trois jours pour venir à bout d’un roman de Joyce Carol Oates (et carrément oubli du dit-roman chez Jules), pas d’inspiration pour blogger, peu de remarques spirituelles sur les statuts FB de mes "amis", du mal à se bouger le cul sur Blondie ou tout autre tube des années 80 le matin… Bordel, mais qu’est-ce qui se passe ??

Vous imaginez bien que j’ai la réponse à cette question. C’est que depuis l’apparition des symptômes (une quinzaine de jours à la louche), j’ai cherché, analysé, décortiqué, émis des hypothèses, écarté des réponses complètement incongrues pour finalement me rendre à l’évidence. Sans ménagement ni effet de suspens aucun : le boulot m’épuise ! Et ça, c’est inédit.

 

Notez que je n’ai sciemment pas employé la forme passive : "je suis épuisée par le boulot !". Formulée ainsi, cela sous-entendrait que la situation serait subie : ce qui est extrêmement déplaisant. Et ça, j’ai connu !

Le boulot dans la presse pour pétasses m’a épuisée, le profond ennui et la non-activité dans le boulot m’ont épuisée, les caractériel(le)s dans le boulot m’ont épuisée… mais le boulot en lui-même : ça jamais ! Et me voilà donc à kiffer mon taf, à me servir de l’agenda de mon Black (oui, je ne dis plus BB, je trouve ça plus classe) pour y noter des rendez-vous, des réunions… Je me suis même entendu prononcer des termes "corporate" : vous savez des termes anglophones qui ont leur strict équivalent en français mais qu’on reprend parce que votre interlocuteur les utilise. Dernier exemple en date : "conf call". Celui-là c’est un must, parce que c’est de l’anglais abrégé et que ça claque. En vrai, quand ça sort de la bouche de quelqu’un d’autre, j’ai tendance à me moquer, mais bon… A toutes fins utiles, la "conf call" est une réunion téléphonique : là, tout de suite, ça a l’air beaucoup plus chiant.

 

Ce qu’il y a de nouveau dans cette configuration, c’est que cet épuisement a un impact très limité sur mon comportement lorsque la partie professionnelle de ma journée s’achève. Et pourtant (bref aparté), il y a d’autres facteurs qui m’épuisent en ce moment et qui commencent à m’agacer profondément (mais là aussi, c’est une autre histoire, sauf que ça fait du bien de l’écrire, même si vous ne savez pas à quoi je fais allusion). Ainsi, je ne suis pas particulièrement plus irascible, moins drôle, plus émotive ou moins patiente lorsque j’attaque ma deuxième journée avec les mouflets (beaucoup plus courte, je le concède).

 

Bref, il semble ce début 2011 soit placé sous le signe d’un équilibre longtemps attendu, mais amplement mérité.

Comme d’hab’, dans les périodes creuses de ce blog, je ne me mets pas la pression en vous donnant rendez-vous.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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