En deux-roues, version passagère

Publié le 5 Octobre 2011

De manière extrêmement régulière, j’arpente le pavé parisien en deux-roues : scooter ou bécane au bon vouloir du conducteur. Je précise immédiatement que j’adore ce mode de déplacement : même pas peur en deux-roues de toute façon. J’aime la vitesse, la sensation d’intense liberté. Bref, je n’ai pas de soucis avec le concept. Mais attention, être passagère en deux-roues ne s’improvise pas : été ou hiver, scooter ou gros cube, il faut s’adapter et c’est là que j’interviens.


Scooter versus moto : le casque

En scoot’, la question est non avenante puisque le dit véhicule est pourvu d’un coffre dans lequel glisser le casque. En moto, c’est une autre histoire.

Vous aurez évidemment compris que je parle du moment où l’on n’est plus en train de rouler.

En ce qui me concerne, me balader avec un casque à bout de bras ne me dérange pas. J’y vois même au contraire une annexe de mon petit (et oui, on est loin des clichés) sac à main. Mon bouquin, mes clopes et mes lunettes de soleil peuvent ainsi y loger et m’éviter de farfouiller de longues minutes dans mon sac. Néanmoins, je ne me risquerais pas à y laisser mes clés. Vous aurez en effet noté que la forme du casque se prête au roulement et là, il n’existe plus de garanties.

Si la présence d’un casque peut parfois s’avérer problématique dans certains lieux exigus (exemple : aller pisser avec un casque, parfois, c’est très compliqué), en général, on s’arrange. Il peut servir de repose-pieds, d’accoudoir…

Et puis, il faut bien l’avouer, pour le style (prononcer "staïle"), c’est pas mal !


Scooter versus moto : l’habillement.

Là, on est dans le vif du sujet avec en plus des déclinaisons en fonction des saisons.

Une première observation toutefois, indépendamment de la saison. Si en bécane, il semble admis qu’il faille être équipé, en scoot’, l’équipement motard engendre souvent moqueries ou sarcasmes : une absurdité dans le fond puisque les risques sont les mêmes. Ainsi, si personne n’est choqué par une passagère en minishort en Piaggio, on imagine les regards interloqués des passants face à la même passagère sur un 1600.

Pas d’hypocrisie, l’équipement motard n’est pas glamour. Le blouson d’abord. Déjà rien que le terme donne des sueurs froides. Pour ma part, j’ai arrêté de porter des blousons au collège. Un blouson, par essence, c’est laid. Et celui du motard est lourd puisqu’il est coqué aux entournures, sécurité oblige vous aurez compris, et ce, été comme hiver.

L’hiver justement parlons-en ! Entendez hiver au sens générique du terme : j’y mets donc tous les temps pourris, pluie incluse ! Eu égard la rigueur de celui que nous venons de traverser, je peux témoigner car j’ai survécu. Mon père (motard de la première heure) m’aurait désavouée à coup sûr et ma mère (mère de la première heure) aussi. Pas de doudoune ou autre truc chaud (pas prête psychologiquement à ça), pas d’équipement imperméable, des gants tout juste acceptables si l’on considère les températures polaires… Bref, le mauvais plan.

Mais étant un animal pensant qui apprend de ses erreurs et qui gagne en maturité année après année, je compte approfondir la question et probablement passer un cap. Cela passera également par l’achat d’un pantalon de pluie (à ne pas confondre avec un pantalon K-way).

Finissons par les pieds. Même en été, les tongs sont à proscrire. Par contre, hors de question de ne porter que des pompes montantes voire des pompes de motards. J’avoue : j’aime porter des talons en bécane, c’est même carrément un kiff !

J’allais oublier l’épineux problème de la jupe/robe. Là encore, jambes nues c’est terminé ! Un jean en-dessous est indispensable. Quant à l’hiver… bah… on caille !


Scooter versus moto : les accessoires.

Avantage au scooter, grâce au coffre évoqué  plus haut qui peut contenir tout un tas de bricoles. En moto, il faut encore et toujours s’adapter et parfois même, mettre sa coquetterie de côté. On roule souvent avec un sac à dos : au mieux un Eastpack léger, au pire, un énoooooooooorme bag. L’essentiel étant de ne pas céder sur un point : la passagère ne porte pas le sac à dos une fois descendue de la selle. Le couple de motards invité chez des amis doit également renoncer à apporter des fleurs chez ses hôtes, sauf si le fleuriste se trouve au bout de la rue. La bouteille de Champ’ est envisageable dès lors qu’on ne l’ouvre dès l’arrivée, le vin se tente aisément.


Scooter versus moto : la tête

Egalité entre les deux puisque tout découle du port du casque. Les boucles d’oreille, on oublie : une évidence pour les créoles ou les pendantes et une douloureuse expérience d’un diamant perdu en ôtant le casque. Pas question pour autant d’y renoncer : on les range délicatement dans une petite boîte (qu’on n’oublie pas d’embarquer).

Pour le maquillage, c’est également tendu. Je m’adresse ici aux initiées. Le port d’un jet n’est pas recommandé pour un teint nickel. Sans maquillage, la peau finira par se dessécher ; avec ; ce dernier finira par craqueler. Pour les yeux, on peut tenter le coup en prenant garde à ce que le casque n’entre pas en contact avec des cils artificiellement rallongés. Bref, le mieux étant finalement de se la jouer comme Stéph’ dans Les années collège, on se maquille en arrivant au bureau. Le port de l’intégral pose d’autres problèmes, en été tout spécialement : il tient chaud, très chaud !

S’agissant des cheveux, c’est infernal. Certes, je n’ai pas de problème de brushing (j’en ignore même la technique de base), mais les cheveux tout plats, c’est mon lot quotidien les semaines en deux-roues.



Il est vrai que le deux-roues n’est pas sans inconvénient pour la passagère (valable également pour la conductrice), alors que ces considérations n’ont probablement jamais inquiété la gente masculine. Se déplacer rapidement, faufiler entre les voitures, se garer n’importe où et gratuitement a un prix auquel je ne suis cependant pas prête à renoncer. On s’adapte je vous dis !

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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