Des excuses

Publié le 3 Décembre 2010

Bien que m’estimant une jeune femme très bien élevée (si l’on excepte une propension à la grossièreté et une sélection dans les personnes à qui j’adresse mon bonjour matinal), certaines conventions sociales, ou relationnelles plutôt, m’embarrassent. En fait, il y en a deux : les excuses et les compliments.

L’humeur du jour me porte plutôt à vous parler des excuses et donc logiquement de la capacité à pardonner.

 

Première mise au point : faire mes excuses ne me pose pas de véritables problèmes. Ouais bon, peut-être un peu comme tout le monde. Mais dès lors que je suis dans mon tort (tort exclusif j’entends), je sais trouver en moi les ressources pour aller vers l’autre et de manière certes maladroite, lui présenter mes plus plates excuses. En fonction de la "faute commise", je peux grommeler du bout de lèvres un "désolée" ou me lancer dans une grande tirade si j’ai vraiment déconné (attention, je parle ici des petites broutilles du quotidien qui empoisonnent et pas d’actes destructeurs). La parole pouvant, selon la personne blessée, s’accompagner d’un tapotement sur la main, d’une franche accolade, d’un baiser sur la joue voire plus si affinités (je devine ici votre regard lubrique en songeant, disons-le franchement, aux réconciliations sous la couette si particulières).

Voilà pour l’aspect "j’ai pêché, pardonne-moi Seigneur" (oh putain n’importe quoi !).

 

S’agissant de s’excuser auprès de moi, il en va tout autrement. J’ai coutume de dire qu’il est vain de me présenter ses excuses. Vous voyez immédiatement les limites d’une telle attitude. Nous sommes faillibles et le droit à l’erreur devrait être inscrit dans la Convention internationale des droits de l’homme (peut-être l’est-il d’ailleurs, pas la moindre idée). Or, me concernant, même pour une broutille, il est inutile de me bredouiller un "désolé" et si l’événement est plus grave, une justification a le don de m’agacer profondément.

Du haut de mes foutus principes, j’estime que si les excuses sont nécessaires, c’est que l’autre (en l’occurrence moi) a été blessé. Alors il est vrai que je suis légèrement susceptible (et un peu de mauvaise foi sur ce coup-là concernant le "légèrement) et que je prends la mouche (qu’elle est conne cette expression) facilement, mais à ma décharge, j’ai la qualité (la grande qualité devrais-je dire) de ne pas être rancunière.

Mais revenons à la difficulté pour l’autre de faire amende honorable, si tant est qu’il reconnaisse son erreur monumentale…

 

C’est un véritable challenge lorsque je suis en face. L’expression "je suis profondément désolée" me laisse de marbre. Trop facile ! Parce qu’en mon esprit est solidement ancrée l’idée qu’il eut été préférable qu’on n’en arrive pas là. J’ai probablement déjà évoqué le fait que je ne suis pas quelqu’un de solide émotionnellement et de fait, je suis vite dévastée par des jugements, des mots. Forcément, l’adjectif est bien tiédasse au regard du chagrin ou de la déception que j’ai ressentie.

 

Je ne demande pas non plus à l’autre de faire pénitence même si je reconnais manier avec un plaisir jubilatoire le sarcasme et la distance glaciale (mais dans un espace-temps limité car faire la gueule, je ne sais pas faire non plus).

 

Si vous avez perdu le fil, je vais synthétiser. Ce qui est important à mes yeux n’est pas de savoir présenter ses excuses (je vous invite à compter les occurrences du mot dans ce billet).

Celui ou celle qui manie à merveille les subtilités de la langue française peut le faire de la plus belle manière. Non, ce qui est importe, c’est de savoir se faire pardonner. Que les actes, les attentions, les mots, les gestes démontrent que l’on a mal agi et si c’est moi la meurtrie, alors c’est une chance car je ne suis pas de celles qui tiennent les comptes. Je passe rapidement (enfin tout est relatif et proportionnel au grief) à autre chose. Je n’ai pas le temps, l’envie ni l’énergie de me laisser bouffer par ce genre d’émotion.

 

Pour finir, j’ai bien évidemment mal agi (peu de fois cependant) et je sais qu’il est des actes qui sont au-delà des excuses mais c’est un autre sujet.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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cc 19/12/2010 17:43


J'ai lu cet article le jour de sa parution mais j'ai "quand même" envoyé mon mail...