Des compliments

Publié le 4 Décembre 2010

Outre les excuses, j’ai écrit hier (deux billets deux jours d’affilée, ça fait un moment que ça ne m’était pas arrivé : voilà qui est bon pour mon BR) que les compliments m’embarrassaient. Et là, vous pensez sûrement que ça doit être bien chiant de me fréquenter : pas d’excuses, pas de compliments… Quelle emmerdeuse ! Heureusement, j’ai des qualités qui compensent ces particularités.

Mais revenons aux compliments : ils me gênent, me dérangent, voire me braquent. Si, si je vous assure !

 

Prenons des exemples concrets.

Premier cas de figure : le contexte professionnel. Je crois être une bonne collaboratrice (vous aurez noté que l’auto-complimentation me pose moins de problème) : je bosse bien, je suis efficace et rapide et en plus, dans le boulot, je suis de très (vraiment très très) bonne composition. Mais je fais mon taf et lorsque l’on vient me remercier ou me féliciter pour une mission accomplie, d’abord, je rougis (putain ce que je peux détester cette réaction épidermique), je baisse les yeux comme une môme (ce qui doit être désagréable pour mon interlocuteur), je baragouine un vague "merci" et je trace ma route. Tout simplement parce que c’est inutile (oui oui, comme pour les excuses) : je suis payée pour ça. Paradoxalement (je suis une femme de contradiction), la reconnaissance dans le travail est essentielle à mes yeux. Aux managers de trouver comment la manifester (c’est bien pour ça, que passer chef ne m’intéresse pas du tout : rien que l’idée d’avoir à gérer quelqu’un comme moi est décourageante).

 

Deuxième cas de figure : la sphère personnelle.

Je module mon propos. J’accepte avec grand plaisir les compliments sur mon intellect, mon esprit dès lors qu’ils restent conceptuels (ne soupirez pas merci). S’ils deviennent précis, hop, je bascule et je me ferme comme une huître. Exemple : il m’arrive qu’on me complimente sur mon style d’écriture. De prime abord, ça pourrait me ravir. Sauf que, défiance en soi oblige, je n’y crois pas une seule seconde. N’y voyez là aucune fausse modestie vous appelant à multiplier les commentaires flatteurs. C’est juste que ce que j’écris n’a rien d’exceptionnel, je torche ces billets en 40 minutes grand max (surtout si je fais autre chose en même temps), mes réflexions sont peu approfondies… bref, ils ne me demandent aucun effort.

 

Mais le plus compliqué évidemment concerne les compliments d’ordre esthétique… sur mon physique. Là encore, j’aime entendre que mon manteau (ah… Ce sublime manteau acquis récemment et qui mériterait à lui seul un post) me sied parfaitement ou que mon chouette bonnet me donne un air de ravissant lutin ("ravissante lutine" ?). En fonction de l’émetteur, ces propos peuvent soit glisser sur moi, soit éveiller en moi une sorte de suspicion, soit me mettre mal à l’aise (et là rebelote : rougissement, bafouillage, fuite en avant).

Et pour m’achever, il suffit de me dire que je suis jolie ou encore pire belle. Bullshit !!

Ceci dit, avec la maturité, j’ai appris à ne plus râler en l’entendant. Je ne réponds rien ou je change de sujet sans transition.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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Flo 28/12/2010 20:15


Hier entendu dans "Mon petit doigt m'a dit", une réplique parfaitement adaptée à ton cas. De mémoire : "un compliment à bout portant peut tuer une femme plus sûrement qu'une balle". Allez t'es trop
belle. Et hop un meurtre facile. Non je retire ce que j'ai dit. Je ne le pensais pas. J'veux que tu restes parmi nous! A bientôt donc.


Jenny Grumpy 28/12/2010 20:30



Tu ne pensais pas quoi ? Que je suis belle ?


Oscar Wilde : " Les femmes ne sont jamais désarmées par les compliments. C'est cela la différence entre les sexes". Est-ce à dire que je suis un homme ?