Ciné : Robin des Bois de Ridley Scott

Publié le 15 Mai 2010

 

Robin des BoisLa dernière fois que j’ai vu Robin des Bois (c’étais pas plus tard que la semaine dernière pour être précise), il ressemblait à un renard. Bah oui forcément, j’ai un petit d’homme de presque quatre ans. Alors autant vous dire que passer deux heures en compagnie de l’hyper viril Russel Crowe me semblait une bonne alternative à un temps de merde. Et merci Ridley Scott, on est à dix mille lieues du prince des voleurs incarné par Kevin Costner dont le brushing est resté dans les mémoires !

 

Pour son Robin Hood, Ridley Scott a pris le parti d’évoquer l’homme avant qu’il ne devienne la légende de notre enfance.

En 1299, Robin Longstride ne vit pas encore caché dans la forêt de Sherwood à détrousser les riches pour donner aux pauvres ; il est simple archer dans l’armée de Richard Cœur de Lion de retour de Croisades. Après la mort du roi au combat, Robin déserte et retourne dans une Angleterre exsangue et corrompue. Fidèle à la promesse qu’il a faite au chevalier Loxley, mourant, il se rend dans le Comté de Nottingham (ouf, on retrouve quand même quelques uns de nos repères) et accepte de prendre l’identité du défunt pour éviter à sa veuve (Marianne donc) d’être dépossédée du domaine. Mais la colère gronde dans la perfide Albion depuis que Jean sans terre est monté sur le trône et étrangle de taxes le Royaume.

 

Lorsque Ridley Scott se trouve derrière la caméra, on est l’abri des mauvaises surprises. Avec toutefois un peu moins de souffle que dans la scène d’ouverture de Gladiator, il orchestre les batailles avec une fluidité époustouflante parvenant à jongler entre les plans de masse spectaculaires et les corps à corps brutaux. On se laisse emporter comme toujours par une caméra omniprésente et ultra réaliste qui ne lâche rien. Même s’il s’offre le plaisir de filmer un débarquement à la Spielberg, Ridley Scott place son Robin des Bois dans une perspective historique et philosophique plus large : avant de devenir le défenseur de la veuve et l’orphelin, son héros se mue presque à son insu en partisan de la liberté et de l’égalité pour tous.

Pas encore le leader charismatique qui fera de lui un mythe, le héros de Ridley Scott est tout en sobriété et subtilité, aux antipodes de la brute à laquelle on aurait pu s’attendre. Il n’est pas la figure impétueuse et centrale de cette fresque flamboyante : ce rôle est dévolu à Cate Blanchett en ardente Marianne, femme valeureuse, presque masculine parfois, mais qui illumine le film. Avec Russel Crowe, ils réinventent le couple légendaire en rééquilibrant les forces et l’alchimie prend dès le premier regard.

 

Fermement attendu, le Robin des Bois de Ridley Scott ne déçoit pas évidemment, loin de là : redoutablement efficace, il renouvelle le genre, comme souvent lorsque le réalisateur s’empare d’une légende. Film populaire et à grand spectacle certes, mais remarquablement intelligent. A voir donc, vous l’aurez compris (ne serait-ce que pour le puissant Russel Crowe, mais ça, ça n’engage que moi et ça n’a rien à voir avec l’art !).

 

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Ciné

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jasonlouisxi 08/06/2010 23:48


Pour l'instant,je n'ai pu en voir qu'une partie dans une traduction du russe assez sommaire,avec une image douteuse que le fils d'une amie avait réussi à télécharger on ne sait trop où ...
J'attend donc l'occasion de le voir dans des conditions "normales" pour pouvoir me faire une opinion.

A+ bises à tous JL


GA 15/05/2010 13:04


Je suis parfaitement d'accord avec la maîtrise des plans, leur fluidité et la qualité des images.Je suis étonné que tu n'aies pas noté une ré-orchestration d'une chanson mièvre à souhait au milieu
du film. Pour ce qui est de Russel Crowe, quand on est pas attiré par son corps ou sa bouille, son regard vide et son jeu linéaire à souhait ne pourra échapper à personne j'espère. Ce que j'ai
personnellement le plus adoré ce sont les animations graphiques du générique ;)


Jenny Grumpy 15/05/2010 14:22



Son regard ne sera jamais aussi bovin que celui d'un Ben Affleck par exemple. Quant à son physique et bien ça mon cher GA, tout est affaire de goût. Pour ma part, j'ai une nette préférence pour
les hommes forts et rassurants ;-)