Ciné : Minuit à Paris de Woody Allen

Publié le 15 Mai 2011

Minuit-a-Paris.jpgUne fois par an, certains mettent un point d’honneur à lire le dernier Marc Levy ou le Stephen King, fleurir la tombe d’un quelconque aïeul, manger le gigot dominical chez une grande tante, affronter les soldes d’été, s’acheter un manteau, donner 50 euros au Téléthon. A chacun son rendez-vous annuel plus ou moins obligatoire et dont on s’acquitte avec plus ou moins bonne grâce.

 

Pour le Woody Allen, c’est pareil. Chaque année, depuis 1997, le réalisateur newyorkais sort un film et chaque année (ou presque), on se dit qu’il faut y aller. Enfin, on se dit… on nous dit qu’il faut y aller. Les journaux de tout bord sont dithyrambiques, la télé s’emballe devant le petit bonhomme, les amis vous le conseillent (forcément, quoi d’autre ?), les collègues également. Vous avez 90 % de chances de surprendre une conversation des plus encourageantes sur le sujet dans le métro ; votre bonne éducation (conscience ?) intellectuelle vous travaille au corps… Et si en plus, votre chemin a croisé (pour d’obscures raisons scolaires par exemple) quelques cinéphiles, alors vous êtes cuits : vous ne couperez pas au dernier cru Allenien (alleniste peut-être ?).

Si vous êtes chanceux ou imaginatif, peut-être aurez-vous un bon argument à opposer à cette séance (non, je n’irais tout de même jusqu’à ajouter "de torture", un peu de mesure). Sinon, il vous faudra vous acquitter de vos 10 euros, sauf à être possesseur d’un quelconque pass, auquel cas, les données du problème ne sont pas les mêmes.

 

Une fois n’est pas coutume, je m’égare. Revenons donc à la cuvée 2011 de Woody : Minuit à Paris. Précédé depuis quelques mois de nombreux murmures selon lesquels la première dame (Carla Bruni donc) y jouerait un rôle. Et bien oui, c’est un fait avéré. Carla a commis le pêché de jouer à l’actrice. Je m’autorise une légère digression au passage : considérant que lorsque cette rumeur courait, elle a toujours démenti, que penser aujourd’hui face à celle d’une probable grossesse qu’elle nie mollement ?

 

Le film donc : inutile de ménager le suspens quant au lieu où se déroule l’intrigue. Paris, ville magique et envoûtante, berceau de la culture et haut-lieu intellectuel (enfin dans les années 20 surtout visiblement) va user de tous ses charmes sur un écrivain américain en devenir venu visiter la Capitale avec sa future épouse.

Alors oui, le Paris de Woody Allen est enchanteur et poétique. Les rues sont désertes, les serveurs sont presque souriants, les trottoirs propres, les embouteillages inexistants, les transports en commun invisibles… Certes, la légèreté qui teinte le film est revigorante et saine. Bien sûr que le casting frôle la perfection avec une mention spéciale à Adrian Brody en Dali, génialissime.

Et pourtant… Comment dire avec diplomatie et finesse ? On s’emmerde voilà. Ok, on repassera pour la finesse ! L’idée avait pourtant de quoi séduire. Et c’est vrai que Minuit à Paris est so cute, so lovely… mais putain, ça n’atteint ni le cerveau, ni le cœur, et à peine les zygomatiques. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était une soirée ciné à oublier parce qu’on y prend un certain plaisir mais pas de celui qui vous anime les heures voire les jours qui suivent. Minuit à Paris est de ces films qu’on oublie vite parce qu’il a comme un air de "déjà vu", comme aiment à le prononcer les américains.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Ciné

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titoulematou 03/06/2011 11:52


je me suis ennuyée au début mais après j'ai accroché ( pas comme pendant son précédent film que je n'ai pas aimé !!! )
http://lireetrelire.blogspot.com/2011/05/minuit-paris-woody-allen.html