Ciné : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Publié le 30 Août 2011

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J’écris rarement à chaud.

Dans l’urgence, vite fait entre deux dossiers au bureau, avant d’aller au lit, sur ma pause déjeuner, avant d’éteindre mon ordi au boulot… oui. Mais à chaud juste après une quelconque expérience, c’est rare.

Le billet zéro de ce blog l’était probablement, mais les autres non.

 

Je me sais impulsive et c’est la raison pour laquelle je ne me jette pas sur mon clavier juste après la dernière page d’un bouquin qui m’a bouleversée ou dans l’heure qui suit la projection d’un film. Mais là, c’est différent.

 

Ce soir, petit ciné dont on savait que ça n’allait pas être la franche rigolade : "La guerre est déclarée" de Valérie Donzelli. Il y a des moments dans l’année où l’on sait qu’on a besoin de gravité, histoire de remettre les choses en perspective. Le film s’y prête à merveille. Roméo et Juliette, jeunes parisiens, se rencontrent dans une soirée ; leurs regards se croisent et ils vont s’aimer. Une histoire universelle. Ils ont un enfant : Adam. De la grossesse, on ne voit rien. Quelques images sur le difficile apprentissage des jeunes parents mais très vite le tourbillon les emporte. Adam est malade : tumeur au cerveau. S’en suit l’inévitable parcours du combattant : opération, angoisses, espoir, biopsie, protocoles, chimio… Et au bout du chemin, une vie qui se met doucement entre parenthèses.

 

On y va en s’imaginant qu’on va pouvoir verser les quelques larmes qui sont restées coincées quelque part dans le canal lacrymal ; on se met en conditions parce qu’on a lu dans Libé qu’à la fin de la présentation cannoise, le public était en larmes. Mais non, rien ne sort. La respiration se précipite parfois, les yeux picotent légèrement, un frisson nous parcourt, mais pas le moindre goutte d’eau. On n’est pas dans le mélo mais dans la subtilité, la force, le courage, la légèreté, l’amour. Et forcément, ça résonne.

 

Je ne prétends pas que ce film parlera à tous, et l’effet qu’il produira sera aussi fonction de celui avec qui on le verra et de son approche de la maladie, de l’amour.

A celui qui aura vécu la maladie de son enfant, les lieux du film seront familiers, les protocoles médicaux le renverront quelques années en arrière.

A celle qui aura vécu l’instant où il faut annoncer à la famille et aux amis une maladie qui terrifie dès que l’on prononce son nom, les coups de fil rapprochés, les réactions tragédiennes ou détachées la renverront quelques années en arrière.

A ceux qui auront traversé une épreuve en couple, la nécessité d’y croire, l’importance des preuves d’amour et des minutes volées de bonheur les renverront quelques années en arrière.

 

Je vous laisserai le loisir de parcourir la presse pour y lire les critiques sur la justesse du jeu des acteurs, la caméra délicate loin de tout voyeuriste et les éventuels débats sur la pertinence de l’autofiction dans le septième art.

 

Pour moi, "La guerre est déclarée" était simplement un film nécessaire.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Ciné

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