Changement d'heure

Publié le 25 Mars 2011

Pour ma part, le changement d’heure, je n’en ai rien à secouer (oui je reste polie car c’est mon week-end kids). Or, il semble que nous soyons peu nombreux dans ce cas. Là encore (à l’instar de la météo), il semble que le passage à l’heure d’été (ou d’hiver, c’est selon) alimente bon nombre de conversations entre quidams n’ayant rien d’autre à se raconter (exemple : collègues, voisins) dans des lieux aussi improbables que des cages d’escaliers, des ascenseurs ou des métros. A moins d’être asocial, vous ne serez donc pas passé au travers du : "On change d’heure ce week-end", auquel vous répondrez poliment si vous êtes de mon club "Rien à foutre du changement d’heure" du "ah oui, c’est vrai ! Dans quel sens ?"

 

Forcément ! Ceux qui sont sur le qui-vive savent pertinemment dans quel sens ils vont bouger leurs aiguilles. Ils savent s’ils vont gagner ou perdre une heure de sommeil, s’il fera jour plus tôt ou plus tard, s’ils vont se rendre au boulot dans la nuit mais rentrer lorsqu’il fera jour ou l’inverse, si les enfants vont leur octroyer une salvatrice grasse mat’ ou au contraire leur niquer leur heure de rab’ du samedi matin. Ils peuvent aussi vous prédire qu’ils crèveront la dalle à 11 heures du mat’ ou que l’appel de l’apéro ne se fera ressentir qu’à 21h. Ils dépriment ou exultent d’avance à l’idée de ce que ce phénomène va bouleverser dans leur vie.

 

Moi, je m’en fous ! (je l’ai peut-être déjà dit ?), pour la simple et bonne raison que je ne comprends pas le concept. Bien que ne pouvant me targuer d’un QI supérieur à la moyenne, je traîne la réputation d’être quelqu’un qui percute vite. Mais là, rien à faire. Les connexions ne se font pas. Et pourtant, ils sont nombreux à s’être évertués à m’expliquer en quoi j’allais gagner ou perdre une heure de sommeil (il semble que tout l’enjeu du problème soit là). "Mais c’est pas compliqué, demain quand ton réveil va sonner à 6h17, en fait il sera 7h17, donc tu dormiras plus". Réponse de l’intéressée (en l’occurrence moi, et pas du tout de mauvaise volonté) : "Bah non, quand il va sonner, il sera 6h17, point barre".

Et à trente piges et quelques, j’en ai croisé des pédagogues qui ont répété, reformulé, démontré que j’allais dormir plus ou moins. Mais rien à faire, je n’ai jamais imprimé le truc. Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’heure bonus ou malus qui préoccupe toutes les physiologies ? Ohh !! Messieurs dames, oserais-je vous rappeler qu’à l’origine, le changement d’heure répond à des considérations énergétiques et non chrono-biologiques. Ceux qui ont décidé qu’on devait se prendre la tête deux fois par an n’avait pas à l’esprit votre physiologie ; seule la consommation d’électricité les intéressait.

 

Pétrie de bonnes intentions comme je peux l’être parfois, j’ai entamé une recherche sur l’origine de ce bouleversement horloger. J’avoue que, quelques réponses Google plus tard, j’ai laissé tomber puisque je me suis souvenu que "le changement d’heure : rien à péter !" Bien sûr, ce n’est pas sans nostalgie que j’ai convoqué les souvenirs de ce rendez-vous familial semestriel. Dès le samedi soir, tout le foyer s’attelait à tourner les aiguilles ("Non, Jenny, fais un tour complet. Il ne faut jamais, faire tourner les aiguilles à l’envers". Déjà là, je m’en foutais et j’allais au plus rapide). Et entre les montres de chacun, les réveils, les pendules murales, le micro-onde, le four, le magnétoscope, le téléphone fixe, les horloges de voiture, il y en avait pour une demi-heure (ou comment perdre la fameuse heure soi-disant gagnée).

 

Heureusement aujourd’hui, rien de tout ça à faire. Je ne porte plus de montre (j’ai un rapport au temps diamétralement opposé à ce qu’il pouvait être il y a 5 ans mais c’est une autre histoire), je n’ai pas de pendule ou de réveil. Ainsi, à l’exception du micro-onde et de la voiture (pour laquelle je vais devoir me plonger dans le manuel d’utilisation de 150 pages : que du bonheur !), tout se fera de manière automatique et indolore et je me réveillerais dimanche matin comme une fleur. Car, ceux que ce passage obsède apprécieront sans nul doute que le dit-changement s’opère dans la nuit du samedi au dimanche (j’y vois là un discret lobbying du patronat pour ne pas se retrouver avec une cohorte d’employés retardataires le lundi lorsque le fameux changement ferait gagner ou perdre – je ne sais pas bien – une heure à la productivité).

 

Quoi qu’il en soit, j’espère que vous apprécierez cette mission d’intérêt général dont je viens de m’acquitter en vous rappelant que c’est bien ce week-end que nous changeons d’heure. Néanmoins, mon sens du service s’arrête là car à l’heure qu’il est, j’ignore toujours dans quel sens.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

Repost 0
Commenter cet article