A la campagne

Publié le 29 Mars 2010

Non, tous les séjours (aussi brefs soient-ils) à la campagne ne ressemblent pas au tableau qu’en dresse Bénabar dans la chanson du même nom ! En tout cas, pas dans la mienne. Quand j’y retourne (plus ou moins régulièrement, ça dépend de la météo en fait), je ne croise pas de sangliers, je ne parle pas aux paysans du coin (qui ne sont pas plus avenants que tout bon parisien qui se respecte) et je n’ai pas plus envie que ça de porter un gilet en velours (ce qui tombe bien, vu que je n’en ai pas dans ma garde-robe).

Voilà plutôt ma version des faits de 24 heures dans la campagne seine-et-marnaise. Certains auront l’outrecuidance de déclarer que ce n’est pas la campagne mais la banlieue. Ce à quoi je répondrais qu’un bled de moins de 1000 habitants qui se trouve à plus d’1h30 du centre de Paris (avec multiplication des moyens de transport), désolée mais c’est la campagne. Et quand on est ado, soyez sûr que le doute n’est plus permis : c’est la campagne !! Je vous épargnerais aujourd’hui les détails d’une adolescence (somme toute plutôt cool, mais compliquée tant qu’on n’a pas une Panda ou 205 mortelle pour bouger… oui c'est-à-dire jusqu’à 18 ans !).

Sans sortir de Saint-Cyr, vous avez saisi que mes séjours à la campagne sont donc des retours aux sources dans la campagne de mon enfance. L’humeur du jour n’étant pas à la nostalgie, inutile de préparer vos mouchoirs comme dirait Bertrand (cinéphiles, vous m’avez comprise).

Un séjour à la campagne, ça veut aussi et surtout dire : galérer pour trouver un endroit où votre portable capte, sans avoir à vous tenir sur une jambe ou accroupie parce que c’est à 1,35 mètres précis et en respectant un angle de 47 degrés par rapport à une branche que la réception est la meilleure. Ça signifie également qu’il faut être prévoyant sur votre stock de clopes parce qu’il n’y aura pas moyen de trouver un débitant à 20h01 (j’en entends certains ricaner) mais aussi sur votre menu du soir : une envie de sushis nocturne (c'est-à-dire à 21h00) n’est tout simplement pas envisageable (une envie de quoi d’ailleurs ??).

La campagne, c’est aussi quelques regards en coin, des gentilles commères (bon ok, j’avoue que sur ce point, j’en ai joué pour avoir une information capitale : quel était le défunt du week-end qui créait un mini embouteillage devant l’église et le cimetière), des minets qui squattent désespérément un abribus en attente d’un hypothétique micro-événement (genre un mec qui grille le feu, une voiture tunnée), des affiches fluos qui vous annoncent les brocantes et lotos des alentours. Sans oublier le terrain de foot aux dimensions aléatoires dont les cages de but n’ont pas de filets et qui présente la singularité d’avoir un grand rond d’herbe brûlée sur le gazon parce que c’est là que se fête la Saint-Jean.

Comment ça je force le trait et ça fait presque parisienne snobinarde qui se renie ? Sinon, la campagne quand arrivent les beaux jours j’adore. Et puis, si je suis vraiment sincère, force est de reconnaître que j’y ai passé des moments magiques, une enfance incroyablement heureuse parce que toute simple… C’est peut-être ça qui est douloureux, nous on change, mais pas les lieux de nos premières années. Ok j’ai menti, je suis à deux doigts d’essuyer ma petite larme !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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so 03/04/2010 19:29


Ok j'ai eu une panda puis une 205 turboD et je me trouvais follement hype à l'époque dans ma campagne !


Jenny Grumpy 04/04/2010 13:34



Putain mais tu es moi !!!



alice 29/03/2010 18:18


on aurait pu se croiser, moi aussi j'étais dans la campagne seine-et-marnaise ce week-end...


Tatou 29/03/2010 14:47


Rhalala mais c'est tellement ça !
Et dire que moi j'y retourne TOUS les week end dans la campagne de mon adolescence...
Enfin ça c'est la faute à Bilou hein !