A la campagne 2 : le retour

Publié le 23 Mai 2010

Il y a pas à dire : le soleil vous fait voir le monde sous un autre angle. Il y a quelques semaines, je vous offrais un tableau finalement assez peu flatteur d’un bref séjour au vert ; aujourd’hui, alors que je fais une pause dans ma séance de bronzette, j’ai bien envie de vous colorer tout ça.

 

Le décor est le même, la maison de mon enfance, sauf que là, il fait 26° et si j’osais, je me plaindrais presque de ne pas pouvoir rester au soleil tellement on cuit (qui a murmuré que je n’étais jamais satisfaite ?). Vendredi, lorsque la question s’est posée de savoir quoi faire de ce week-end à rallonge (mes deuxièmes et vraiment dernières vacances estivales en somme) : il nous a semblé pertinent de ne pas promener nos mouflets face à la centrale de Vitry mais plutôt de filer squatter la maison maternelle (c’est qu’on réfléchit beaucoup avant de prendre de telles décisions). Une fois, tout le fatras préparé (c'est-à-dire deux heures plus tard) et une heure de voiture, on est arrivé dans les champs verdoyant (la météo estivale exacerbe mes qualités de poétesse, vous aurez noté ?) et hop, déjeuner dehors pour les mômes et première bouteille de rosé pour les grands sur la terrasse.

 

Le calme, le pied, le kiffe : pas de bruit à part quelques piafs sous la fenêtre, pas de fumée nauséabonde mais celle du barbec’ du voisin (chez qui on aurait bien tapé l’incruste parce que nous, on a juste pensé "liquide" en préparant nos affaires), pas de minuscule coin de pelouse du parc à squatter mais un jardin rien que pour nous… Capeline, micro-robe et maxi-lunettes pendant trois heures l’après-midi (oui oui en plus, les enfants dorment très très longtemps).

 

Et bizarrement, quand tu te balades dans le patelin, même le regard des commères te laissent indifférents… presque. Faut dire qu’ici c’est l’événement à la Pentecôte : vide-grenier annuel où tu croises pas mal de fantômes de tes jeunes années, avec plus ou moins de bonheur mais bon. Forcément, c’est pas comme en hiver où personne fout la truffe dehors : là c’est l’occasion. Les shorts, débardeurs et tongs sont de sortie, les bières n’ont pas le temps de chauffer sous le cagnard, les ados se ruent sur les auto-tamponneuses, les pompiers essayent de te refiler leurs billets de tombola, les passants s’émerveillent devant le sourire et le charme de la mouflette (je veux dire la mienne hein !) et putain qu’est ce que je suis bien.

La bière bien fraîche est indispensable en revenant, histoire de se remettre des violentes émotions ressenties devant les étalages de certains vendeurs. Je suis toujours ébahie de ce que les gens peuvent vendre. Je vous cite en vrac des pots de yaourt vides (ceux en terre certes mais je suis la seule à trouver ça abusé ?), des écheveaux de canevas entamés et délavés, des paires de lunettes à branche cassée, des chaussures pour unijambiste (après tout pourquoi pas ?), des Barbies qui ont dû sauter sur des mines anti-personnelles, des ballons crevés... et tellement d’autres trucs que j’en suis encore étourdie. A moins que ce ne soit le mélange apéro, soleil et sieste… allez savoir.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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