Aboulie

Publié le 29 Septembre 2009

Aurai-je été, sans le savoir, traitée à l’Abulinix ? Sans présumer de votre culture littéraire, il y a fort à parier que nombre d’entre vous n’ont pas la moindre idée de ce que soigne ce médicament. Et pour cause, il est le fruit de l’imagination fertile de Benjamin Kunkel, jeune prodige de la littérature américaine, comme le dit l’expression consacrée. Mais je m’égare là, revenons à Indécision, roman dans lequel Dwight, qui souffre d’indécision chronique est d’une certaine façon guérie grâce à cette molécule miracle.

Quel rapport avec moi vous demandez-vous ? Si, si, j’entends d’ici vos murmures incrédules : « mais de quoi parle-t-elle ? Elle ne pourrait pas aller à l’essentiel plutôt que de tourner autour du pot ? » J’y viens justement.

Vous aurez peut-être remarqué que ce billet n’est pas classé dans la rubrique ‘Culture’ car je n’ai pas l’intention de vous rédiger une petite critique dont j’ai le secret. J’ai simplement envie de vous parler de ma victoire personnelle sans aucune mise en perspective.

 

A l’instar de Dwight (je vous renvoie quelques lignes plus haut si vous avez perdu le fil), je suis atteinte d’indécision chronique. Médicalement, je frôle parfois l’aboulie (ce mot n’est pas sans recéler une certaine poésie). Depuis quelques années, j’ai développé une capacité à me laisser porter par la vague, attendant que le destin ou je ne sais quelle instance fabuleuse prenne les choses en mains pour moi. Au quotidien, cela se traduit par une séance d’habillage matinale épuisante, des hésitations éreintantes devant deux packs de yaourts aux fruits, le choix cornélien de la copine à qui je vais téléphoner. J’en imagine certains se gondoler devant leur écran, mais transposez ce trait de caractère à une façon d’appréhender la vie et vous comprendrez que c’est beaucoup moins facile à gérer, pour moi d’abord, mais aussi pour ceux qui vivent à mes côtés.

Mais là, Ô miracle, j’ai fait un choix toute seule (ou presque) comme une grande : j’ai quitté mon job dont il n’y avait strictement rien à attendre. A l’heure où les journaux nous plombent le moral avec les mauvais chiffres du chômage, la crise… J’ai fait fi des commentaires des bien-pensants et larguer un job dans le public. J’avais mille raisons de partir (absence de perspectives, mauvaise ambiance, hypocrisie, solitude, ennui) mais je repoussais sans cesse… jusqu’à ce lundi 28 septembre qui signe pour moi une forme de renouveau.

 

C’est dit : vous n’en avez probablement rien à cirer (promis je vais revenir à du moins perso), mais ça fait du bien de l’écrire.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Quotidien

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loupijules 29/09/2009 18:48


Bravo... je sais que ça n'a pas du être facile alors Felicitations d'avoir réussi à prendre une telle décision! Gros bisous