35 ans

Publié le 11 Avril 2013

35 ans, l’âge des bilans. Oui, je sais ça marche avec tous les chiffres. Mais bon, un peu d’indulgence en ce jour, celui de mes 35 piges justement. Ne passez pas tout de suite votre chemin car je ne vais évidemment pas vous plonger dans les tréfonds de mon âme : ce n’est pas le lieu et surtout pas le moment. Et puis ceci n’est qu’un blog !

Mais considérant le contexte et le besoin viscéral d’écrire en ce soir si particulier, j’ai fait le bilan de mes anniversaires, alors pourquoi ne pas le partager ! Egocentrisme quand tu nous tiens ! Mais pas trop de nostalgie je crois.

 

De ce côté, j’ai plutôt été vernie en fait (mais putain, pourquoi cette expression m’est-elle venue aussi spontanément ?!). L’aspect enfant unique, née au printemps, j’imagine. Bref, rien à dire jusqu’à ma majorité. C’est plutôt de 18 à 35 que je peux dresser un bilan fifty/fifty. Trois anniversaires surprise, trois anniversaires pourris et le reste (petit exercice de calcul mental si le cœur vous en dit), du joli.

 

Commençons par les anniversaires surprise.

Le premier pour mes 18 ans justement : j’étais en coloc Porte de Clignancourt en première année de fac (vous ai-je déjà parlé de cette licence de ciné, complètement inutile sur mon CV, mais Ô combien enrichissante intellectuellement ?). Pas vraiment surprise en fait. Normal, avant (avant mes 35 ans pour être précise), j’étais particulièrement à l’affût ce jour-là. Et qu’est-ce que je vois en revenant dans mon quartier, la vieille R11 de mes parents (oui, oui une R11 bleu électrique qui te fait perdre 10 litres d’eau en lui faisant faire un créneau). Déjà en 1996, c’était un modèle rare et immatriculée dans le 77 encore plus ! Bref, surprise partie (et paf, une deuxième expression ringarde dans ce post. Notez que je n’ai pas dit une seconde, on n’est pas à l’abri qu’il y en ait d’autres !).

 

Deuxième anniversaire surprise, avec toujours aux commandes mes parents, pour les 21 ans je crois. Bon bah là, c’était vite vu ! Mon père, dont on ne pouvait pas dire que la discrétion était la qualité première, avait vendu la mèche au téléphone avec je ne sais plus qui. Attention, rappelez-vous qu’à l’époque, portables, internet et réseaux sociaux étaient embryonnaires. J’ai tenté de jouer l’étonnée quand mes parents m’ont emmenée en voiture jusqu’au resto du coin dans lequel m’attendaient tous mes potes. Nonobstant la non surprise, c’était chouette.

 

Et le dernier, pour mes 30 ans. J’avais pourtant cru bétonné le terrain en répétant encore et encore que je détestais les surprises. Pas suffisamment finalement. Je vous épargne les détails de la journée. Retour à l’appart avec le mari d’alors où tous mes amis m’attendaient. J’ai dû écarquiller les yeux (un joli verbe utilisé trop peu souvent à mon avis) et j’ai fait demi-tour pour me barrer. Quelques coupes de Champ et trente cadeaux plus tard, ça allait mieux

 

Les trois anniversaires les plus douloureux.

Evidemment que ça arrive. Evidemment qu’on n’a pas toujours envie de le fêter.

11 avril 2005 : premier anniversaire sans mon père, premier événement sans lui d’ailleurs. Le souvenir en est flou, effroyablement flou d’ailleurs. Mais il est passé sans trompettes ni fanfares. Juste 3 adultes dont deux pleines de larmes (ceci dit en ce qui me concerne, c’est plutôt coutumier !).

11 avril 2010 : à quelques semaines de la séparation avec le mari susmentionné. L’ambiance est lourde et n’est pas joyeuse. Pour la première fois, c’est petit d’homme qui m’offre le cadeau de la part de son père. Pas un regard l’un envers l’autre. C’est un guide de voyage pour Venise. Je fonds en larmes. Tout est si compliqué à ce moment-là. Malaise, pas d’embrassades. Chacun porte sa peine et sa responsabilité face à un gamin qui ne saisit pas tout ce qui se passe mais suffisamment pour savoir qu’un anniversaire, normalement ça ne se passe pas comme ça.

11 avril 2013 : des messages, des textos, des mails, des appels… Et pour la première fois, une soirée toute seule une fois les enfants couchés. Avec mon cerveau dont je peux entendre les rouages, les battements de mon cœur en vrac. L’introspection et la remise en question comme cadeaux d’anniversaire. Et l’incompréhension pour bougie. Putain de contes de fées !

 

Mais pas question de terminer sur cette triste note. J’ai eu aussi des anniversaires bretons ensoleillés, des dîners préparés avec l’amoureux, du Champagne coulant à flot, un bébé de 6 jours dans les bras, des jolies cartes, des roses par brassées, la famille, des amis, de l'amour, de la tendresse…

 

Gageons que les 36 ans ne pourront être que meilleurs !

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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