Sortie : Le dernier voyage de Gabi de Mohamed Habassi au Théâtre Clavel

Publié le 13 Juin 2009

Depuis le 14 mai dernier, une production très originale et pour le moins ambitieuse se joue au théâtre Clavel. Et même, si elle se termine ce soir, je tiens à vous en dire quelques mots. Et si la pièce est prolongée, je ne manquerais pas de vous en informer.

 

A travers le récit de son personnage titre, Le dernier voyage de Gabi interroge avec subtilité la notion de barbarie, d’intégration et d’identité dans notre société démocratique.

Gabi, donc, se voit proposer le jour de sa mort une offre inouïe. Une voix lui offre une deuxième chance : l’opportunité de retourner dans le monde des vivants, retrouver les siens, ses amis, ses familles… en échange d’un livre sur lui. Gabi entame alors un récit de son passage sur terre : un passage marqué par une intégration impossible dans une société pourtant soit disant tolérante, une société dans laquelle le fils d’immigré tunisien n’a pas de place, qui chaque jour lui renvoie en pleine face sa différence (physique, sociale, culturelle, religieuse), une société qui lui entrouvre certaines portes pour mieux les lui claquer au nez. Mais Gabi est lucide et les communautés (cité, famille, amis…) dans lesquelles il évolue ne sont pas épargnées par son regard incisif et sans concession : ceux qui sont victimes de racistes le sont également envers l’autre, ses parents annihilent toute désir de réflexion sur sa condition au motif qu’il ne faut que travailler et baisser les yeux avec pour seul mot d’ordre un grand merci à cette République qui les a accueillis.

 

Les premières minutes de la pièce font craindre une vision simpliste et caricaturale : un affrontement insoluble entre deux mondes qui ne se réconcilieront jamais tant le fossé s’est creusé. Mais rapidement, le formidable jeu de l’acteur principal (Cédric Tuffier, impressionnant) se met au service d’un texte magistral, emprunt d’humour et bourré de clins d’œil à l’actualité qui trouvent un écho en chacun de nous. Nul besoin en effet d’avoir grandi dans une cité pour être touché par la vie de Gabi : il suffit d’ouvrir les yeux et d’être à l’écoute de ceux qui nous entourent. Simplement, Mohamed Habassi (l’auteur) force les paresseux à le faire sans agressivité mais avec une véhémence et une perspicacité qui ne vous laisseront pas indifférents.



Pour en savoir plus

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Sortie

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Tsa 07/02/2010 10:51


Bonjour,
Je crois que cette pièce se joue à nouveau durant le mois de février au théatre de la reine blanche dans le 18e arrondissement :)