Sortie : Tosca de Giacomo Puccini à Bastille

Publié le 29 Mai 2009

Faut-il avoir été éduqué pour voir un opéra ? Pour l’apprécier probablement pas, mais pour le juger, sans nul doute. Et autant, je me sens relativement à l’aise dès lors qu’il s’agit de cinéma ou de livres, autant là, je fais part de ma grande ignorance. Qu’importe : j’ai assisté mercredi pour la deuxième fois de mon existence à un opéra : Tosca de Puccini à Bastille.

 

Dans mon cas donc, aucune éducation musicale (classique en tout cas). J’ignore tout des conventions de l’opéra : de la mise en scène, des techniques de chant, de l’interprétation, des codes du spectateur, du vocabulaire même… Personne pour m’initier, car c’est vraiment le terme qui convient. Le monde de l’opéra peut sembler difficile d’accès aux profanes. J’en veux pour preuve ce qui s’est passé au milieu de l’acte 2 de Tosca. Mario entame un solo et une partie de l’assemblée a osé applaudir à cet instant. Si je me fie à la réaction de mon voisin (« quelle bande de cons !! » - je cite – et je doute qu’il faisait allusion au ténor), j’en déduis qu’il ne faut pas (qu’il est interdit ?) de manifester son émotion à un autre moment à qu’à la fin de chaque acte. Pas de bol pour lui, certains ont recommencé au cours de l’acte 3.Cette fois, il a vociféré un « connard ». Non seulement, j’ai bien ri mais en plus j’ai été soulagée : la salle n’était donc pas remplie d’habitués.

 

Mais qu’est-ce qui se pousse les autres alors à tenter l’expérience de l’opéra ? La curiosité vraisemblablement. Pour moi, c’est en 1995 précisément qu’a germé en moi l’envie d’assister un jour à l’opéra. Je vous préviens, c’est très trivial. C’est un passage du film Philadelphia où l’on voit Tom Hanks transcendé en écoutant Maria Callas dans Andrea Chenier d’Umberto Giordano. Cette scène m’a bouleversée et j’ai envié cette émotion artistique. Ca, c’est pour l’intensité et la belle raison d’aller à l’opéra. Sinon, je dois avouer que le film Pretty Woman avec Julia Roberts n’est pas non plus rien dans mon désir d’y assister. Rappelez-vous lorsque Richard Gere l’emmène en hélico voir La Traviata de Verdi : Julia Roberts porte une robe sublime et des bijoux inestimables. C’est ce film qui m’a longtemps fait croire que l’opéra était non seulement réservé à une élite « musicale » mais aussi et surtout sociale. Autant mettre les choses au point tout de suite : inutile de vous ruiner en robe de soirée et smoking, le public de Bastille, lui, porte des vêtements de tous les jours.

 

Mais je perds le fil : si vous le pouvez, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller voir Tosca. D’abord, parce qu’il me semble un des opéras les plus accessibles musicalement. Je n’ai pas de point de comparaison mais l’interprétation de Mario touche au sublime : ce solo du deuxième acte est un instant d’une rare intensité qui m’a transportée à mille lieues de Paris, de me soucis, des mes angoisses… Il vous atteint en plein cœur.

Quant à la mise en scène : elle a été fidèle à l’idée que je me faisais d’un opéra, à des années lumières de celle de Simon Boccanegra de Verdi qui se jouait à Bastille il y a trois ans je crois (en l’occurrence une scénographie très contemporaine et dépouillée). La Tosca de Werner Schroeter est très classique : statue de la Madone, plan incliné, robes à traîne, chandeliers… J’imagine qu’avec le temps, mon niveau d’exigence s’élèvera mais pour cette fois, c’était tout simplement parfait : on se laisse saisir par l’ambiance, l’obscurité, la ferveur et la flamboyance de mélodrame.


 

 

Pour en savoir plus


Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Sortie

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Mariette 29/05/2009 18:50

Pour tout savoir sur l'opéra :

http://www.opera-national-lorraine.fr/jamais-venu-a-lopera.html?7689f29e391ef4c81f7567026cf45a33=d22c109b85eed86efd59485956189d95

Jenny Grumpy 29/05/2009 21:50


Merci beaucoup : c'est très utile et en plus ludique dans l'écriture