Arrestation à l'école : colère

Publié le 21 Mai 2009

Jusqu’à présent, je ne me suis pas exprimée sur mes opinions politiques parce que je n’avais pas envie de faire de ce modeste blog une tribune. Et bien que l’actualité ne manque pas d’événements qui me donnent envie de réagir, j’ai jusqu’à présent préféré rester dans la légèreté. Sauf que ce soir, en entendant les infos, j’ai commencé à bouillir.

 

Vous l’aurez compris, je suis un peu « soupe au lait », j’ai tendance à monter aussi vite en pression que je descends, mais là je me suis emportée : colère, indignation, honte, révolte, rage en entendant ce fait divers qui occupe quelques secondes du JT de France 3.

Deux gamins de six et dix ans ont été interpellés à la sortie de leur école dans la région de Bordeaux pour un vol (présumé) de vélo. Je suis estomaquée : je me demande même si j’ai bien compris. Comment peut-on « interpeller » des mouflets ? «  Interpeller », ça veut bien dire police, uniforme, armes, sirènes ? Pour des enfants ? Pour un vol de vélo ? Dans un lieu où ils sont censés être protégés, où on leur transmet des valeurs, le respect des institutions ? Devant leurs copains d’école, leurs parents, leur instit ? J’ai mal compris forcément. Ca n’est pas possible : il me manque une donnée de l’équation ? Réflexe : je me précipite sur Internet pour en savoir plus.

Malheureusement, je n’ai rien loupé. En tout cas pour l’instant on en est là. Ce sont bien deux enfants qui ont été emmenés dans le commissariat du coin et le plus âgé des deux a dû répondre aux questions des enquêteurs (devant sa mère certes mais bon…) sur l’origine de son vélo.


Mais quelle honte ! Les mots me manquent pour exprimer mon dégoût : j’ai la nausée en imaginant cette scène lamentable. Quel est donc ce pays où l’on vient cueillir des mômes dans un environnement censé les sécuriser ? Je ne sais pas s’ils ont effectivement volé ce vélo et je m’en fous en réalité. Parce qu’à mes yeux, rien ne peut justifier ce qui s’est passé. Et pourtant, je n’en suis presque pas étonnée. Après tout, on a bien fouillé des collégiens dans leur classe avec chiens et je ne sais plus trop quoi. Et n’est-ce pas l’actuelle garde des sceaux (croyez-le ou non, j’ai fait un lapsus et d’abord écrit ‘garce des sceaux’) qui a planché sur une réforme de l’ordonnance de 45 et envisagé une majorité pénale à 12 ans ? Peut-on aussi oublier les propos d’un des porte-parole de l’UMP qui à la fin 2008, lors d’une interview sur Europe 1 relance l’idée (pour faire court) de détecter la délinquance dès l’âge de 3 ans ? Finalement, ce triste fait divers n’est que la suite logique d’une certaine conception de la démocratie. Ca me déprime tiens…

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Enervement

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