25 décembre 2010

Publié le 9 Décembre 2010

Non, je n’ai pas publié par erreur ce billet avant l’heure (genre je prépare mes posts à l’avance !). C’est bien du 25 décembre 2010 dont il s’agit.

Pas Noël de manière générale, mais CE 25 décembre. Comme si y penser avant, l’écrire pouvait conjurer le sort et atténuer le chagrin qui m’étreindra sans nul doute ce matin-là. Comme s’il était possible qu’en laissant couler les larmes, en sentant ma gorge se serrer prématurément quelques jours avant, en laissant libre cours à ma tristesse, CE 25 décembre serait moins douloureux. Je ne suis même pas capable d’en parler sans que les mots meurent avant de franchir mes lèvres.

 

J’ai déjà évoqué dans un précédent billet – Le manque -, les premiers événements "sans" qui ont suivi la mort de mon père.

En 2010, c’est double peine, au "sans mon père" viendra s’ajouter (drôle de tournure que d’additionner des négatifs) le "sans mes enfants". Fatalité du calendrier, les mouflets passeront Noël dans leur autre foyer : conséquence une fois encore de mes décisions. J’aime pourtant cette période et pas uniquement depuis que deux petits êtres sont venus embellir ma vie : j’aime l’effervescence, les rues illuminées, les sapins de Noël, la course aux cadeaux, les souvenirs d’enfance qui s’y rattachent…

Dès le début du mois, je suis à bloc et désormais, j’emporte les mômes dans le tourbillon : cette année ne fait pas exception même si le dénouement se déroulera sans moi. Même si je ne suis pas celle chez qui ils ouvriront leurs premiers cadeaux, qui s’émerveillera devant leurs yeux fascinés et ensommeillés, qui devra peut-être les menacer la veille au soir excités qu’ils seront à la perspective du matin, qui les aidera à déposer leurs chaussons (et aussi chaussures, bottes, tongs…) au pied du sapin. J’espère que celui qui en profitera mesure son incroyable chance de vivre à leurs côtés cet événement unique. Le premier Noël dont la mouflette aura pleinement conscience. Certes, la possibilité d’ouvrir les cadeaux le 25 au matin m’a été offerte, mais…

 

Je voudrais cette année m’endormir le 24 décembre et quitte à émettre un souhait irréaliste, autant choisir l’heure : 16h30. J’éviterais ainsi la déchirante épreuve de l’au-revoir au moment où dans nombre de foyers, chacun commence à s’agiter. Je ne recevrais pas le dernier baiser de mes enfants qui n’ont pas idée (et tant mieux pour eux) de la douleur qui déchire mes entrailles. Je n’aurais pas à faire bonne figure et à esquisser un pâle sourire. Je n’éprouverais pas cet effroyable vide qui envahira mon appartement lorsque je me retrouverais seule au claquement de la porte. Je n’aurais pas à me demander si je dépose dès maintenant les cadeaux au pied du sapin ou s’ils peuvent encore attendre en haut du placard. Non, à 16h30, je sombrerais dans un épuisant sommeil et partirais pour une quarantaine d’heures de sommeil : jusqu’au 26 vers 9 ou 10 heures.

 

Bien sûr que c’est là un souhait d’un égoïsme rare et déplacé au regard d’autres solitudes plus violentes encore, mais aussi de ceux qui passeront cette soirée avec moi, et loin de moi l’intention de les blesser. Bien sûr que mes enfants passeront un merveilleux Noël et qu’à leur retour, ils seront enchantés du sapin qui les aura attendus. Et soyez sûrs que je ne vais pas passer les 15 prochains jours à m’apitoyer sur mon sort parce que j’ai d’ici là pleins de délicieux moments à partager avec eux, et sans eux d’ailleurs. Je ne peux promettre que mes yeux resteront secs CE 25 décembre 2010, mais j’ai la profonde certitude que ce matin-là je serais entourée de gens qui m’aiment et en ce sens, je suis déjà bien chanceuse.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Blues

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Seb 09/12/2010 23:57


Bisou. Rien d'autre à dire.