Dans mes rêves

Publié le 16 Septembre 2015

Tu t’es peu invité dans mes songes en dix ans. A moins que ce ne soit moi qui t’ai peu convoqué. Peut-être aussi n’ai-je pas besoin de te rêver tant ton absence m’est omniprésente. Une histoire de deuil mal faite certainement, ou une dissolution si brutale et violente qu’elle en est impossible à combler. Quoi qu’il en soit, chacune de tes apparitions oniriques s’est produite à un moment charnière de mon existence.

Et ce matin, à 1h37 précisément, je me suis réveillée farouchement. En sueur. La gorge enflammée : j’avais dû hurler à m’en faire péter les cordes vocales. Les lèvres sèches. Les muscles contractés. Haletante. Angoissée. La peur au ventre. Désorientée. Il y a eu ce quart de seconde au cours duquel la frontière entre illusion, souhait ardent et réalité n’existait plus : j’ai cru que tu allais débarquer en râlant parce que je t’avais réveillé et failli te provoquer un arrêt cardiaque. Puis le brouillard s’est lentement dissipé, douloureusement. J’étais seule dans ce putain de grand lit. Je ne pouvais pas téléphoner à la maison pour t’entendre. La terreur s’est éteinte.

Seul me restait en bouche ce goût du sang, âpre et métallique et les images de cet effroyable cauchemar. Plavalaguna version homme avait tenté de m’arracher la langue au cours d’une engueulade chaotique et violente. Le royaume doré de mon enfance s’était transformé en un gouffre sombre et agité. Et sans ton intervention, j’aurais probablement été déchiquetée par cette diva virile. Tu m’as extirpée de ce marasme avec une rage, une férocité telle que je n’en ai jamais connue.

Je laisse aux Freud ou autres exégètes de l’interprétation des rêves le loisir de s’amuser. Je me demande toutefois si tu ne représentes pas le loup qui est en moi et avec qui je cours.

A 1h42, je crois que je suis allée vomir. Le malaise était toujours là, mais de moins en moins perceptible. Quant à moi, j’étais plus aérienne. La vraie Jenn qui sourit plus souvent.

Rédigé par Jenn Jenn

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