Copyrights AMH & CMH : Je suis Charlie

Publié le 8 Janvier 2015

Je n’aurai pas, ce soir, l’arrogance de mettre des mots sur ce qui nous bouleverse depuis 24 heures. Pas l’arrogance ; pas le talent non plus, et puis pas le cœur. Mardi soir, j’avais envie de vous parler de ces manques qui nous consument, de ces sombres anniversaires que l’on voudrait ne jamais souhaiter, de cette tristesse qui nous envahit parfois. J’avais envie de parler de moi, j’avais besoin d’imaginer ces épaules, ces torses, ces cous… derrière chaque écran et qui me réconforteraient et au creux desquels je pourrais me blottir. Et puis le choc, la stupeur, l’incompréhension. Et les moufs.

Parce que, cette fois, j’ai regardé BFM pendant deux heures en leur présence. Parce que, cette fois, ils ne m’ont pas vu essuyer une larme pour un père absent ou un amoureux loin, mais pour des idées que l’on tentait de faire taire, pour une liberté que l’on voulait assassiner.

Nous avons parlé avec les minots, parce qu’il le fallait. Tenter d’expliquer, trouver les mots. Difficile quand les neurones sont engourdis.

Et le jour d’après, je les ai écoutés. La jolie môme, du haut de ses 5 ans : « mais si on tue les gens à cause de leurs idées, alors y en aura plus ! »

Quant au petit d’homme qui grandit si vite, il avait lu quelques paragraphes de Libé et L’huma, alors que je lui avais imprimé Le petit quotidien. Et, avec sa si belle calligraphie, il a écrit dans son "cahier d’écrivain" comme il dit.

« Mon avis :

Je n’ai pas beaucoup compris pourquoi ils les ont tuées mais j’espère que la police les arrêtera car je suis un peu triste : toutes les sorties scolaires ont été annulées. J’ai du chagrin pour Cabu, Charb…

Liberté :

Je pense que la liberté c’est le choix de faire et de dire ce qu’on veut. Je pense que j’ai la chance de grandir dans un pays libre et je veux la garder. »

Avant de vous coucher, alors que je parcourais la presse en ligne, ils étaient à mes côtés lorsque je lisais un article sur Charb dont le titre était « Je préfère mourir debout que de vivre à genoux ». J’ai clarifié et quand la môme m’a demandé si je les abandonnerais pour une liberté, je crois avoir murmuré un oui.

Je penserais à vous mes loupiots quand j’irai marcher solidairement dimanche pour votre futur, votre liberté, en espérant que vos lendemains chanteront.

Et nous avons écouté Brassens.

Rédigé par Jenny Grumpy

Repost 0
Commenter cet article