Fin de vacances

Publié le 22 Août 2014

Quelques grains de sable traînent encore dans les poches du pantacourt, des galets dans celles des moufs ; le parfum de l’huile prodigieuse est encore perceptible sur les paréos. La teinte caramel de notre peau nous rappelle qu’il y a quatre jours à peine, nous étions alanguis sous le doux soleil azuréen. On se surprend à contempler la marque du bikini. On efface Antibes de la météo Iphone. On visionne encore et encore les photos des vacances. Celles des gosses nous font rire, nous surprennent parfois. On sourit devant le quadruple selfie d’une plage cannoise. On range sous le lit les robes en coton, si courtes qu’elles en seraient presque indécentes pour le bureau. On ôte le vernis doré des orteils.

Les valises sont remisées en haut du placard.

L’appart’ a été cleané, les enfants sont partis pour une ultime session de détente. Pas de Playmobil, de crayons, de capes, de romans Casterman ou de baguettes magiques au milieu du salon. Dix heures déjà que la sommation "maman" n’a pas été prononcée…

Alors, on fait ce que d’ordinaire on s’interdit. On ouvre en grand la porte-fenêtre du salon, et confortablement installée sur la méridienne, on blogue avec une clope à la main et un verre de Côtes de Provence calé dans un coin. Léonard Cohen envahit tout l’espace, des vrombissements de moteur viennent parfois ponctuer cet apaisant silence. Une délicate bougie à la pivoine rouge parachève cette indolente atmosphère.

La concentration n’est pas à son apogée. Des flashs de la quinzaine surgissent. Les petits déj’ partagés ; les grasses matinées collectives, les soirées amicales, les derniers verres sur le balcon, les feux d’artifice invisibles, la douceur de leurs câlins, les étreintes addictives, les dîner en famille, les apprentissages, les questionnements, leur déception, la nonchalance.

Il sera bien temps dans 48 heures de penser à l’ampleur de la tâche qui nous attend : des projets passionnants à bâtir, des emplois du temps à gérer, des cours de piano à caser, des résolutions à prendre, des combats à mener, des plaies à panser, des romans à dévorer, des introspections à gérer, des soirées à organiser, des expos à visiter, des amies à écouter…

Sans oublier de baisser la garde et de vivre en paix avec soi-même.

Rédigé par Jenny Grumpy

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