Monospace

Publié le 30 Juillet 2014

Pardon d’avance à ceux de mes amis, ou de mes lecteurs, qui possèdent un monospace pour ce qui va suivre.

J’affirme sans rougir que ce type de véhicule ne me sied pas. Ce n’est pas que je n’aime pas. Non, non, non ! Simplement, lui et moi ne sommes pas en harmonie. Vous pouvez donc ajouter à la (longue ?) liste de mes défauts la superficialité.

Venons-en à celui qui va m’accompagner les trois prochaines semaines. Donnons-lui le nom d’un peintre célèbre… Van Gogh par exemple. C’est donc en Van Gogh que je vais me rendre au bureau pendant deux jours (j’envisage sérieusement de porter une cagoule…) et c’est derrière son volant que je m’assiérai pour avaler plus de 2000 kilomètres d’asphalte.

Certes, je lui reconnais toutes les qualités pratiques qui font son succès : de l’espace justement, un coffre imposant, des tablettes pour les moufs, un vaste tableau de bord et bien sûr l’indispensable porte-gobelet.

Oui mais moi, ce n’est pas Bénabar que j’ai envie de fredonner quand je conduis (https://www.youtube.com/watch?v=X7jbVzg5YpY), ce serait davantage quelque chose de suprêmement plus fiévreux (https://www.youtube.com/watch?v=Y4uOM7s38XA).

D’aucuns rétorqueront que la voiture ne fait pas le moine, que ce n’est pas la caisse qui fait l’homme ou la femme en l’occurrence. Sauf que la mienne, je la kiffe. Je l’ai choisie lorsque la famille était en passe de s’agrandir ; incapable que j’étais déjà de céder aux sirènes du confort spacieux. Caprice ? Peut-être. Esprit de contradiction ? Sûrement. Prétentieuse ? Même pas ! Mais toujours un choix assumé. Malgré sa consommation monstrueuse, les accusations de polluer (ce qui n’est pas tout à fait vrai)… Bref, sa mauvaise image me convient. Elle me confère une certaine puissance et une relative confiance qui me manquent cruellement par ailleurs.

Je sais néanmoins être raisonnable (parfois), faire des choix – que dis-je des sacrifices – pour échanger mon 4x4 (le gros mot est lâché) contre un Van Gogh. Pas la mort dans l’âme, mais presque. L’impression d’avoir renoncé, d’être passé de l’autre côté, du côté obscur. Le coup de grâce serait d’acheter des pare-soleil Dora ou Némo. Si j’en arrive à cette extrémité, il sera temps de me passer la camisole.

Je conduirais donc prudemment, ne tenterait pas de dépassements audacieux (à part un tracteur, je ne vois pas), remplirait mon coffre de sacs de courses. Et si jamais le GPS ne fonctionnait pas, je pourrai toujours étaler une carte IGN sur le capot et la consulter les sourcils froncés. Une vraie maman quoi ! Pondérée, sensée, mesurée…

Sur ce, ne me prenez pas trop au sérieux ! Je suis à quelques encablures du bonheur, de retrouver les miens, du soleil, de la farniente…. Alors la bagnole, je m’en cogne !

Rédigé par Jenny Grumpy

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