Music in the air

Publié le 19 Mars 2014

Il n’est pas une seule journée au cours de laquelle la musique n’est pas présente dans ma vie : écouteurs, voiture, bureau, appart’. En sourdine ou à en exaspérer les voisins. Pas un seul événement important qu’elle n’ait ponctué. Pas une seule émotion qu’elle n’ait accompagnée. Elle est omniprésente parce qu’indispensable : elle est mon remède, mon souffle, mon photophore, ma rémission, mon ivresse…

Je suis une femme acoustique dont l’organe de Corti a enregistré pléthore de souvenirs. Je convoque les chorégraphies d’Irène Cara dans le jardin familial, l’Hôtel California et mon flirt adolescent, le Tant pis lorsque j’ai compris qu’il n’était plus, le ghetto qui précède le cercueil, l’annonce de répondeur avec Johnny Clegg, MJ qui envahit le petit d’homme, la môme who is flying to the moon à 10 mois, le Game Over qu’ils me font découvrir, la Dalida que je leur impose.

Je ne suis pas à une contradiction près. J’assume que Chérie FM soit la première station enregistrée dans la bagnole, je savoure les instants jazzy, je plane en écoutant Tchaïkovski, je vibre lorsque la voix de Louis Armstrong retentit, je palpite avec Daniel Levy. Je me maudis d’aimer Sardou, ma gorge se serre aux premières notes de Moustaki, je trépigne avec Kool & The Gang, la gouaille de Piaf me bouleverse. Les Mistral gagnant me foutent en l’air, je rugis dans ma Benz, j’accuse avec Saez, je me délecte d’Adèle. Je suis dans le tourbillon de la vie.

Mes journées sont rythmées de playlists.

Il y a la "peinard" qui sert à réveiller les mouflets et qui voit se côtoyer Cantat, Barbara, Indila et Nirvana. Elle est aussi celle qui entoure les moments d’écriture et de lecture.

Il y a la "On se pend ou bien" qui scandent mes foulées lorsque je longe la Seine en running, qui fait claquer mes talons sur le bitume lorsque je me rends au bureau, qui déclenche le dance floor dans l’appart’ familial. Shaka Ponk partage le même espace que Maître Gims, les Stones et Kavinsky.

Et il y "Mon âme" : la musique soul, viscérale, invitée de marque des discussions tranquilles. Elle est celle qui se marie si bien avec le Ruinart. Otis Redding, Stevie Wonder et Barry White y sont attablés.

Pour finir, il y la "Shazam" : elle est l’incarnation de la spontanéité, de l’instant capté. En voiture, dans une cabine d’essayage, au resto, devant une série… Elle est la fulgurance. C’est le bordel : C2C bavarde avec les Red hot, Madonna, Bruno Mars et Depeche Mode.

Avec les notes, je m’oublie, je partage, je suis moi-même. Avec les mômes, toute seule, avec l’amoureux. Je lâche prise, me sens vivante. Tellement vivante.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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