Du romantisme

Publié le 20 Mars 2014

"Jeune et jolie", Julia Roberts, L’étudiante, Cendrillon, Johnny… Je vous tiens responsables de mon addiction au romantisme et dont j’ai eu bien du mal à me débarrasser.

Dans ma grande ignorance ou naïveté (à votre indulgence), j’ai longtemps confondu romantisme et preuves d’amour. Je croyais que la puissance du sentiment se mesurait à l’échelle des démonstrations, de la plus anodine à la plus époustouflante. J’avais, sans le savoir, faite mienne cette citation de Pierre Reverdy : "Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour". Ma vie tournait autour de la recherche de ces fameuses preuves, qui devaient également être teintées de romantisme. Bouquets de fleurs réguliers, lettres de 6 pages, post-it disséminés dans l’appart’, petits cadeaux, voyage en Italie, surprises… Mais à trop chercher, on s’épuise et on épuise l’autre.

Alors une bonne fois pour toutes, non l’amour ne se résume pas à un chemin de bougies qui te mènent à un lit parsemé de pétales de roses rouges sur lequel ton prince charmant te baisera langoureusement. Non, l’amour, ce n’est pas avoir un jules qui devine tes pensées les plus secrètes, anticipe la moindre de tes envies, décrypte tes réponses évasives. Mon amour romantique devait se manifester à chaque minute, marquer son territoire, crier sa réalité, occuper le terrain. Je cherchais dans son existence la preuve de ma valeur. Je me persuadais que je n’existais que pour lui et par lui. Il est tellement plus facile de chercher à combler les désirs de l’autre plutôt que de s’interroger sur les siens, persuadée que le sens de mon existence convergeait nécessairement vers la sienne.

Quelques rencontres plus tard, des shots, des conversations à bâtons rompus, des soirées jusqu’à 4 heures du mat’, des échanges électroniques, la voie s’est dégagée. Un peu de plomb dans l’aile, de vague à l’âme, des épines dans le cœur…

Et on se surprend à retrouver le goût des choses simples, à les savourer en douceur.

L’euphorie et l’exaltation ont cédé leur place à l’apaisement et la confiance. On prend ce qu’il y a à prendre, on profite de chaque instant. On sourit devant la fluidité des événements. On ne court plus. On se pose et on se laisse aller. Il ne s’agit plus de contempler, d’intellectualiser. Mais de vivre, en remisant la peur, loin, dans les profondeurs de sa psyché.

Rédigé par Jenny Grumpy

Publié dans #Réflexion

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